Xavier Bertrand refuse d’endosser la responsabilité du « changement de doctrine » sur la question des masques


Xavier Bertrand a daté le vrai changement de stratégie à mai 2013, après son départ du ministère de la santé.

L’ex-ministre de la santé Xavier Bertrand a refusé, jeudi 2 juillet, d’endosser la responsabilité du « changement de doctrine » qui a abouti à l’évaporation des stocks stratégiques de masques, au cœur des questions de la commission parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

L’avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de juillet 2011, souvent évoqué depuis que la pénurie des masques de protection a surgi dans le débat public, « ne nous amène pas en quoi que ce soit à revoir notre doctrine par rapport au nombre de masques à commander », a-t-il affirmé devant les députés. M. Bertrand a daté le vrai changement de stratégie à mai 2013, après son départ du ministère, par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), un service dépendant du premier ministre :

« Le moment où il est établi que c’est à chacun de payer ses masques, c’est en mai 2013. (…) A partir de cette date, vous avez un délitement de responsabilité et le ver est dans le fruit. »

M. Bertrand a occupé une première fois le poste de ministre de la santé entre 2005 et 2007, période pendant laquelle il a élaboré le premier plan de préparation du pays au risque de pandémie grippale, demandé la constitution de stocks de masques et créé l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), aujourd’hui absorbé par l’agencen Santé publique France.

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Olivier Véran auditionné le 28 juillet

Lorsqu’il reprend le portefeuille en 2010, succédant à Roselyne Bachelot – qui avait eu à gérer la crise de la grippe A(H1N1) –, le « sentiment » dominant était « qu’on en avait fait trop », « que tout ça coûtait trop cher » et qu’il était « peut-être le moment de faire des économies », a-t-il rappelé. L’actuel président Les Républicains de la région Hauts-de-France assure toutefois que ce changement d’« ambiance » n’a pas modifié sa priorité donnée à la prévention des risques sanitaires.

La commission poursuivra ses travaux lundi avec l’audition de Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), de Christophe Gautier, directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg, et du président du service d’aide médicale urgente (SAMU), François Braun.

L’actuel ministre de la santé, Olivier Véran, a par ailleurs déclaré jeudi matin sur RTL qu’il était convoqué devant les députés le 28 juillet. Le Sénat lancera de son côté sa propre commission d’enquête le 9 juillet, avec l’examen de la gestion de la crise sanitaire dans la région Grand-Est.

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Le Monde avec AFP



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