Vénuste Niyongabo, l’or olympique sur fond de guerre civile


niyongabo (venuste) ROCHARD FABLET DESCHAMPS FEVRE / PRESSE SPORTS

Par

Publié aujourd’hui à 06h00

Plus qu’un tour. Encore 400 mètres à avaler, à peine une minute, de grandes enjambées et c’est dans la poche. Pari gagné, premier titre et première médaille d’or. La cloche du dernier tour retentit sur la piste du Centennial Olympic Stadium d’Atlanta, et Vénuste Niyongabo ne peut s’empêcher de jeter des coups d’œil par-dessus son épaule. Il vient de produire son accélération, fidèle aux conseils de son manageur. Tout va bien, ses principaux concurrents sont distancés. Le Kényan « Tom » Nyariki et l’Américain Bob Kennedy ne parviennent plus à suivre son rythme.

Lire aussi Les Jeux de Tokyo comme si on y était : Pierre-Ambroise Bosse n’était pas seul en finale

« Le suspense sera pour l’argent et le bronze », affirment dès lors les commentateurs américains, alors que l’athlète burundais parcourt seul en tête les derniers hectomètres. La ligne d’arrivée se rapproche, le futur vainqueur se permet de ralentir la cadence, bras levés vers le ciel, pour savourer cette victoire inédite. Après 13 minutes, 7 secondes et 96 centièmes de course, l’inattendu Vénuste Niyongabo devance deux spécialistes de l’épreuve, le Kényan Paul Bitok et le Marocain Khalid Boulami, incrédules devant la performance du Burundais qui vient de décrocher, à 22 ans, le premier titre olympique de son pays – le seul à ce jour.

« Les Jeux olympiques, je ne les avais jamais vus à la télé… alors les gagner ! », s’étonne aujourd’hui encore celui dont la famille, à l’époque, n’avait jamais possédé de téléviseur. Personne n’attendait Vénuste Niyongabo à ce niveau. Personne, sauf l’intéressé et son manageur, l’Italien Enrico Dionisi. De leur point de vue, tout s’est passé exactement comme prévu. Deux des favoris, l’Ethiopien Gebreselassie et le Marocain Hissou, ont déclaré forfait après avoir couru le 10 000 m quelques jours plus tôt. Et nombre des compétiteurs alignés sur ce 5 000 m ignorent à peu près tout de la rapidité du jeune Burundais dans les derniers tours de course.

Inspiration

Son coach, lui, est sûr de son « coup », même s’il a dû longuement ferrailler avec son athlète pour le convaincre. « C’est vrai que je n’en avais vraiment pas envie ! », reconnaît le coureur burundais, jusque-là spécialiste de demi-fond (les courses dont la distance est comprise entre 800 et 3 000 m). Quand il prend le départ de la finale du 5 000 m des Jeux olympiques d’Atlanta, ce 3 août 1996, Vénuste Niyongabo n’est pourtant pas tout à fait un inconnu du monde de l’athlétisme.

Alors qu’une médaille lui semble promise sur le 1 500 m, Niyongabo hésite

Il vous reste 68.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: