Vendée Globe : « j’arrive encore à m’émerveiller »


Engagé sur le Vendée Globe avec La Fabrique, son monocoque à « foils », Alan Roura est actuellement 18e au classement général de la course autour du monde à la voile en solitaire. Il a franchi vendredi l’équateur. Sur son « temps libre » à bord, le marin de 27 ans, qui court son deuxième Vendée Globe (il avait terminé 12e en 2016-2017), trouve le temps d’écrire et, surtout, de dessiner. Pour « Le Monde », voici son premier texte et son premier dessin.

« Et voici. Pas facile pour moi de profiter des beautés que nous offre ce début de tour du monde. Une entame de course compliquée avec des au revoir à huis clos, une lente mise en route après une saison d’entraînements perturbée par la pandémie, des systèmes météo inhabituels et des conditions de vent et de mer que mon bateau La Fabrique n’aime pas plus que ça.

Je prends mon mal en patience, j’essaie de me projeter vers les mers du Sud, où mon voilier pourra exprimer pleinement son potentiel. L’objectif d’ici là sera donc de ne pas trop se faire distancer, pour pouvoir rattraper derrière.

Alors, en attendant, j’essaie malgré tout de profiter de ce qui m’entoure : ces ciels chargés et changeants si caractéristiques du Pot-au-noir, cette zone de convergence entre vents d’hémisphère nord et d’hémisphère sud, ces orages nocturnes, ces nuits étoilées, ces levers et couchers de soleil qui commencent déjà à se ressembler mais qui restent tous bien différents. Que notre Terre est belle…

J’ai déjà vu tout ça des centaines de fois, j’ai peur parfois de m’en lasser un jour, de devenir « blasé », que la compétition prenne le dessus.

Mais en fait non, même là, à hurler de frustration, à tout donner à bord pour avancer, j’arrive encore à m’émerveiller. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Vendée Globe : Marcus Hutchinson, la forteresse maritime irlandaise derrière Thomas Ruyant

Le Monde



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: