Ursula von der Leyen veut relancer ses grands projets


La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, retire son masque avant de livrer son discours sur l’état de l’Union, mercredi 16 septembre, au Parlement européen, à Bruxelles.

Il y a un peu moins d’un an, en novembre 2019, Ursula von der Leyen s’était exprimée devant le Parlement européen, dont elle attendait le vote pour pouvoir prendre la présidence de la Commission. Elle avait alors présenté son programme pour une Europe plus verte, plus numérique et plus « géopolitique ». Mais l’irruption de la pandémie de Covid-19, qui a plongé le Vieux Continent en récession, a mis un coup d’arrêt à ces chantiers. Mercredi 16 septembre, Mme von der Leyen a voulu reprendre le fil de son mandat lors de son discours sur « l’état de l’Union » dans cette même enceinte, et relancer ses grands projets, en les inscrivant dans ce monde post-Covid qu’elle peine à dessiner.

L’exercice était attendu, d’autant que la présidente de la Commission avait elle-même, ces derniers jours, entretenu la curiosité. Pas un tweet sans le hashtag #SOTEU (pour « State Of The European Union ») ; même les masques de ses collaborateurs se sont retrouvés marqués de cet acronyme mystérieux pour ceux qui ne suivent pas avec attention les affaires communautaires.

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Un « Magnitsky Act européen »

Pendant une heure et vingt minutes, Ursula von der Leyen a égrainé ses priorités. Au premier rang desquelles, la santé, un domaine dans lequel l’Europe aimerait avoir plus de pouvoir. Le « pacte vert », qui doit permettre au Vieux Continent d’atteindre la neutralité carbone en 2050, a également occupé une place de première importance dans son discours. Pour cela, a-t-elle précisé, les émissions de gaz à effet de serre devront diminuer d’« au moins 55 % » d’ici à 2030 (par rapport à 1990), et non pas de 40 % comme prévu jusque-là.

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La présidente a également insisté sur la nécessité pour l’Union européenne (UE) d’accélérer sa transition technologique. Sans quoi « d’autres agiront avant nous et fixeront les normes », a-t-elle plaidé, en insistant sur les données industrielles, l’intelligence artificielle, ou encore la 5G. Elle a notamment promis de mettre en place, pour chaque citoyen de l’UE, une « identité numérique européenne » qui « pourra être utilisée partout en Europe pour tout faire, louer un vélo ou payer ses impôts ». Et s’est engagée à ce que 20 % des 750 milliards d’euros du plan de relance servent à financer la digitalisation de l’économie.

Enfin, l’ancienne ministre d’Angela Merkel s’est attardée sur le rôle de l’Europe sur la scène mondiale. A propos des relations « des plus importantes, mais des plus difficiles » avec la Chine, elle a notamment évoqué la question de la défense des droits de l’homme. Et glissé qu’il serait temps que les Européens passent au vote qualifié (et non pas à l’unanimité) quand il s’agit d’appliquer des sanctions contre un pays qui viole ces derniers. La présidente a même annoncé un « Magnitsky Act européen », calqué sur le « Magnitsky Act » américain, qui permettrait d’imposer des mesures restrictives à toute personnalité russe accusée de violer les droits de l’Homme.

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