une expertise réalisée à la demande de la famille met en cause les gendarmes


Manifestation après la mort d’Adama Traoré, à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), le 21 juin 2018.

Un rapport médico-légal réalisé à la demande de la famille d’Adama Traoré, et que Le Monde a pu consulter, pointe les méthodes d’interpellation des gendarmes comme principales causes de sa mort. Depuis cinq ans, expertises et contre-expertises se succèdent et se contredisent sur la réponse à la question centrale de ce dossier devenu symbolique de la lutte contre les violences policières : à quoi est due la mort d’Adama Traoré, à 24 ans, sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), le 19 juillet 2016 ?

« Le décès d’Adama Traoré est lié à un syndrome asphyxique traumatique mécanique par blocage de la respiration thoracique et abdominal dans les suites d’un plaquage ventral, aggravé par une hypoxémie d’effort », conclut cette nouvelle expertise, rendue le 1er mars à l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, et basée sur les conclusions de neuf médecins français et internationaux – non inscrits sur la liste des experts judiciaires.

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Parmi ce collège d’experts en cardiologie, drépanocytose et sarcoïdose (deux maladies dont Adama Traoré présentait des formes bénignes et asymptomatiques), médecine interne et légale, le légiste américain Michael M. Baden, coauteur de la contre-expertise indépendante dans l’affaire George Floyd aux Etats-Unis, va même plus loin : « A mon avis, le décès de M. Traore a été causé par une asphyxie positionnelle qui a entraîné un arrêt respiratoire – empêchant sa respiration – causé par la manière dont il a été retenu par les gendarmes. »

Michael M. Baden avait été mandaté par l’avocat de la famille de George Floyd, cet Américain noir mort le 25 mai 2020 à Minneapolis (Minnesota) après qu’un policier blanc a maintenu son genou sur son cou pendant huit minutes et quarante-six secondes. Après le rapport de M. Baden sur la mort de George Floyd – liée à une asphyxie « sous une pression soutenue » – le médecin légiste officiel avait lui-même revu ses premières conclusions – un décès lié à une combinaison de facteurs – et évoqué un « homicide ».

« Manœuvres de contrainte »

Dans l’affaire Adama Traoré, les experts désignés depuis cinq ans par les juges avaient tous dédouané les gendarmes, pointant tantôt une défaillance cardiaque, tantôt la combinaison de l’effort, de la drépanocytose et de la sarcoïdose – un scénario invalidé par une contre-expertise demandée par la famille Traoré. Jusqu’en janvier. Pour la première fois, des médecins belges mandatés par les trois nouveaux juges d’instruction soulignaient, dans un rapport médico-légal rendu le 13 janvier, la responsabilité des « manœuvres de contrainte » opérées par les gendarmes lors de l’interpellation.

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