Une courte majorité de lycéens favorable à l’autorisation des signes religieux à l’école


Un professeur de sciences économiques et de philosophie (gauche) discute avec une étudiante, au lycée privé Meo, à Paris, le 9 février.

Dans les semaines qui ont suivi l’attentat contre Samuel Paty, le 16 octobre 2020, tous les regards – et les micros – ont convergé vers les enseignants. Pour se faire l’écho de leur émotion. Pour rappeler leur mission première, « forger des républicains », comme l’a martelé Emmanuel Macron lors de l’hommage national au professeur de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Mais aussi pour tenter de cerner, précisément, ce qui se cache derrière l’expression d’« atteintes à la laïcité » qui résonne, désormais, à tous les niveaux de la scolarité.

Trois mois plus tard, c’est aux lycéens que l’IFOP a donné la parole pour qu’ils se positionnent, à leur tour, sur la laïcité, la place des religions ou encore le droit de « blasphémer » à la manière d’un journal satirique comme Charlie Hebdo. Ils sont 1 006 exactement, âgés de 15 ans et plus, à avoir été interrogés en ligne, du 15 au 20 janvier, à la demande de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui a consacré un numéro de sa revue Droit de Vivre au sujet.

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Des dizaines de chiffres que l’institut de sondage a divulgués, mercredi 3 mars, ceux sur le port du voile semblent les plus inédits. Plus d’un lycéen sur deux se dit favorable au port de signes religieux (voile, kippa, turban, croix, etc.) dans l’enceinte scolaire – interdit depuis 2004 jusqu’à la fin du lycée – que ce soit pour des parents accompagnant les sorties scolaires (57 %), pour leurs camarades de lycées (52 %), dans les collèges (50 %) ou pour les agents des services publics (50 %). C’est, à chaque fois, deux fois plus que pour la population générale.

« Il y a sur cette question un fossé générationnel assez clair, souligne François Kraus, directeur du département politique de l’IFOP. Le voile imprègne la génération des 15-18 ans et même des 15-24 ans. » Pas « toute » la génération, concède-t-il : 60 % des sondés se disant sans religion se déclarent, par exemple, contre le port de signes religieux à l’école. « Mais la tolérance à l’expression des formes de religiosité à l’école nous apparaît de plus en plus forte », relève François Kraus. Les échanges tendus entre la secrétaire d’Etat à la jeunesse, Sarah El Haïry, et des jeunes réunis à Poitiers, le 22 octobre 2020, qui s’étaient opposés à ce sujet, en a offert une illustration récente. Une enquête européenne de 2009 faisait état de 58 % de jeunes opposés aux signes religieux en milieu scolaire.

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