un an après sa mort, une affaire toujours en souffrance


Livres. Un an après la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, à la suite d’une décision médicale d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, trois livres reviennent sur cette affaire hors norme qui a divisé le pays et cristallisé, au gré de multiples décisions médicales et judiciaires, de nombreuses questions éthiques autour de la fin de vie. Si, au fil des années, l’affaire a pris bien plus de place qu’un simple fait divers, c’est qu’à travers elle, toute la société française s’est interrogée sur son rapport à la vie et à la mort.

« L’histoire de Vincent Lambert a mis à nu des angoisses profondes et individuelles », résume la journaliste Ixchel Delaporte. Dans L’Affaire Vincent Lambert, elle reconstitue ce que fut la vie de cet infirmier psychiatrique, « enfant meurtri et décalé », « effacé et hypersensible », devenu un homme « discret, taiseux et moqueur, au regard noir et à l’allure de jeune prince impeccable ». Elle dépeint son enfance tourmentée à Châteauroux, au sein d’une « famille recomposée aux carcans rigoristes et bourgeois », sur fond de catholicisme intégriste.

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Au terme d’un minutieux travail d’enquête, elle décrit comment, enfant, il a été agressé sexuellement par un prêtre pédophile de la Fraternité Saint-Pie-X. L’agression (l’information ? ça évite agressé agression entre autres) avait été dévoilée par l’avocat de son épouse Rachel Lambert, devant le tribunal administratif de Châlons, en janvier 2014, sans être ensuite reprise dans les médias.

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Ce récit, s’il a pu susciter un sentiment de malaise chez certains lecteurs, gênés de lire des faits que son épouse avait choisi de taire, peut aussi être lu comme un hommage posthume à la vie brisée de Vincent Lambert. Son existence ne fut pas que celle d’un homme alité « emmuré » dans sa « nuit de solitude et d’inconscience », selon l’expression du rapporteur public du Conseil d’Etat en juin 2014.

Mélangeant témoignage et analyse juridique et politique, François Lambert se situe dans un registre différent. Dans Pour qu’il soit le dernier, le neveu de Vincent Lambert raconte de l’intérieur cette affaire dont il fut un des principaux protagonistes. D’abord sans « opinion sur l’euthanasie, le suicide assisté ou tout ce qui concernait la fin de vie », le débat est entré dans sa vie « avec fracas », écrit-il. Au fil des recours devant la justice administrative et des interventions dans les médias, François Lambert devient petit à petit un expert de la législation française sur la fin de vie et un militant de l’aide médicalisée à mourir, face à la « croisade idéologique » des parents Lambert.

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