Trump s’attaque à l’enseignement « antipatriotique » de l’histoire américaine


LETTRE DE WASHINGTON

Une réplique de la statue de la Liberté recouverte d’un masque protecteur contre le coronavirus, à Alki Beach, à Seattle, le 26 août.

L’offensive a pris corps début juillet sous le regard de pierre de quatre présidents américains, sur le site emblématique de Mount Rushmore (Dakota du Sud).

En ce jour de fête nationale, le 4 juillet, Donald Trump se déchaîne contre une culture qui, selon lui, « efface notre histoire, insulte nos héros, détruit nos valeurs et endoctrine nos enfants ». Porté par des « radicaux d’extrême gauche », le monde de l’enseignement inviterait les « enfants à haïr leur pays, à croire que les hommes et les femmes qui l’ont construit sont des “méchants” ». Et le président américain de conclure, doctement, « l’approche radicale de l’histoire américaine est un tissu de mensonges ».

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Ses attaques surviennent alors que les manifestations contre les violences policières qui secouent le pays depuis plusieurs semaines ont relancé un débat sur le racisme systémique de la société américaine et l’héritage d’une histoire ancrée dans l’esclavage et la ségrégation raciale. Elles font aussi écho aux tensions de ces derniers mois autour des monuments dédiés aux personnalités confédérées, symboles du Sud esclavagiste durant la guerre de Sécession (1861-1865).

Depuis, la campagne présidentielle donne régulièrement l’occasion au candidat-président d’alimenter la « guerre culturelle » et de préciser sa pensée : « Nous allons restaurer une éducation patriotique dans nos écoles. Nous allons enseigner à nos enfants l’amour de leur patrie, la fierté de leur histoire et le respect de notre drapeau », a-t-il affirmé lors d’un meeting dans le Nevada, le 13 septembre.

« Politisation de l’histoire américaine »

Après quatre années de pouvoir, le locataire de la Maison Blanche a aussi inscrit à son programme de campagne « l’enseignement de l’exceptionnalisme américain » ; « Les jeunes doivent connaître la vérité : l’Amérique est le plus grand et le plus exceptionnel pays dans l’histoire du monde », a-t-il assuré dans son discours de nomination lors de la convention républicaine, fin août.

Emporté par son élan, le président américain a même menacé de couper les fonds fédéraux aux écoles publiques qui inscriraient à leur programme des éléments du « 1619 Project », un travail de recherche multimédia publié par le New York Times et récompensé en 2020 par le prix Pulitzer du commentaire politique. Non exemptes de critiques de la part d’historiens, ces ressources s’attachent à montrer le poids de l’esclavage sur l’histoire américaine depuis l’arrivée du premier esclave sur la Côte est, en 1619, et les apports de la population afro-américaine au pays.

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