toujours taboue, la ménopause se vit en silence


Pour certaines, cela a été « une épreuve douloureuse » ou « un véritable enfer » ; d’autres ont traversé cette « période pénible » avec fatalisme, évoquant « un mauvais moment à passer » ; pour d’autres encore, elle fut synonyme de « délivrance » et d’« apaisement ». Survenant en moyenne entre 45 et 55 ans, le phénomène naturel de la ménopause – marqué par l’arrêt de l’ovulation et la disparition des règles – varie énormément d’une femme à l’autre. La journée du 18 octobre y est dédiée afin de sortir du tabou.

Sur la centaine de témoignages recueillis par Le Monde, certains mots-clés reviennent systématiquement : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, baisse de libido, prise de poids… Nathalie, qui vit en Bretagne dans le Morbihan, a par exemple eu l’impression de « passer de 47 à 70 ans en six mois ». La ménopause a provoqué chez elle des douleurs osseuses et articulaires, des problèmes de peau, des irritations vulvo-vaginales et « un bon gros sentiment de déprime ».

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Reste que seulement 15 % des femmes ménopausées ou préménopausées déclarent mal vivre le passage à la ménopause, selon une enquête de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN) et de la Fondation des femmes, publiée en février.

Pour la plupart, ce moment de la vie est même plutôt une libération : 59 % des femmes ménopausées y voient autant d’avantages que d’inconvénients, parmi lesquels la fin des contraintes et des douleurs liées aux règles ou la fin de la contraception. « Fini la peur de tomber enceinte ! Ça revient un peu à vivre comme un homme… », s’amuse Christine, 58 ans, une laborantine qui habite dans le Loir-et-Cher.

Un sujet qui se raconte peu

Qu’elle soit vécue comme une souffrance ou comme une renaissance, dans la majorité des cas, la ménopause est vue comme une étape importante. Pourtant, malgré sa portée symbolique forte, elle se raconte peu : si 93 % des femmes en période de préménopause en ont discuté avec au moins une personne (souvent un membre du corps médical), seule une sur deux en a parlé avec son conjoint. Même entre mère et fille, la transmission de cette expérience ne semble pas aller de soi, selon Cécile Charlap, sociologue et autrice de La Fabrique de la ménopause (CNRS éditions, 2019) :

« La ménopause est un apprentissage entre initiées intimes. On l’aborde surtout entre amies ménopausées, et presque toujours pour en souligner les symptômes. La grammaire corporelle et médicale semble la seule valable pour évoquer ce sujet. »

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