« The Comey Rule » : anatomie d’un cataclysme politique


James Comey (Jeff Daniels) et Donald Trump (Brendan Gleeson).

CANAL + – JEUDI 29 OCTOBRE À 21 H 05 – MINISÉRIE

Débutants, s’abstenir. Pour goûter aux plaisirs austères de The Comey Rule, il faut savoir reconnaître son FBI de sa CIA, l’attorney général des Etats-Unis de l’avocat de la Maison Blanche et le cinquième amendement (qui garantit entre autres le droit à ne pas s’incriminer soi-même) de l’arrêt Miranda (vous avez le droit de vous taire, etc.). Les aficionados de la catastrophe permanente qu’est devenue la vie publique des Etats-Unis navigueront quant à eux sans trop de peine dans la minisérie de Billy Ray. D’abord parce qu’elle retrace minutieusement des faits récents qui vont de la campagne présidentielle de 2016 aux premiers mois du mandat de Donald Trump, de l’intervention inédite du FBI dans le processus électoral au limogeage de James Comey, le directeur du Bureau, par Donald Trump. Ensuite parce qu’elle rappelle que tout ce qui est arrivé à la Maison Blanche depuis la nomination de Donald Trump à la candidature républicaine était écrit avant même que l’intéressé eût décidé de se lancer dans la course.

On peut tirer une satisfaction morbide de ce spectacle, un peu comme si l’on regardait un barrage se fissurer en redoutant/espérant le jaillissement d’un torrent destructeur. On peut aussi – pulsion plus recommandable – y trouver quelques leçons pour l’avenir, dispensées par un metteur en scène efficace qui s’est mis au service d’un ensemble d’interprètes dont le niveau semble dépasser nettement celui du personnel aujourd’hui en poste à la Maison Blanche.

Dissection institutionnelle

En 2015, le FBI ouvre une enquête sur l’utilisation par Hillary Clinton de messageries privées dans l’exercice de ses fonctions de secrétaire d’Etat. L’ex-First Lady a quitté ce poste et a déjà entamé sa campagne pour la présidence des Etats-Unis, ce qui a encore exacerbé la pression que les parlementaires républicains exercent sur elle, et indirectement sur le Bureau. Nommé par Barack Obama, James Comey (Jeff Daniels), haut fonctionnaire rigide aux inclinations plutôt conservatrices, est bientôt obsédé par le risque que court son organisation d’être entraînée dans une lutte politique dans laquelle tous les coups sont permis. Tel Gribouille, il finit, au terme d’une interminable enquête qui a établi que Hillary Clinton n’avait pas enfreint la loi, mais avait eu un comportement irresponsable, par publier ces conclusions (alors que le FBI ne divulgue d’ordinaire que les éléments qui ont conduit à une inculpation) à quelques semaines du scrutin présidentiel.

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