Tadej Pogacar, dernier poil à gratter du maillot jaune Primoz Roglic


A 21 ans, Tadej Pogacar (ici mercredi dans l’ascension du col de la Loze) occupe la deuxième place du classement général, 57 secondes derrière Primoz Roglic, à quatre jours de l’arrivée à Paris.

Mètre après mètre, seconde après seconde, les pentes du terrible col de la Loze ont accru, mercredi 16 septembre, l’écart entre les deux premiers du Tour de France. Au matin de cette 17e étape, les Slovènes Primoz Roglic et Tadej Pogacar se tenaient en quarante secondes. Unique grain de sable dans la rutilante mécanique bâtie par l’équipe Jumbo-Visma, Pogacar a abandonné 17 secondes (bonifications comprises) au maillot jaune sur les hauteurs de Méribel.

Privé de ses équipiers dès que la montagne défie les coureurs – à l’exception de l’irrégulier renfort de l’Espagnol David de la Cruz –, le jeune homme fait tout pour maintenir un semblant de suspense depuis le départ de Nice. Sans l’impudence et le goût de l’offensive du leader de l’UAE Emirates, cette 107e édition serait sans doute déjà pliée, tant le métronome Roglic – comme son équipe – assomme la concurrence de son imperturbabilité, en selle comme face à la presse.

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« Tadej est mon rival le plus proche, je dois le garder à l’œil. Je m’attends à ce qu’il attaque [au col de la Loze]. Quand on voit cette montagne qui nous attend, c’est un terrain qui favorisera les plus forts », prophétisait le maillot jaune avant l’explication en hauteur. C’est finalement un Colombien – Miguel Angel Lopez (Astana) – qui a dompté l’altitude (2 304 m) et devancé Roglic de 15 secondes. Le même écart a séparé le maillot jaune de son compatriote de 21 ans, combatif mais pour une fois impuissant dans les dernières pentes.

« Attaque, attaque, attaque »

Mardi, après l’arrivée à Villard-de-Lans, le Belge Wout Van Aert, rouage essentiel du rouleau compresseur néerlandais de la Jumbo, laissait poindre son admiration devant le culot du concurrent. « Je m’attendais à ce qu’un coureur très bien classé tente quelque chose à la fin et Pogacar montre toujours qu’il a du cran. » En Savoie, il a surtout résisté avec acharnement, sur ce vertigineux chemin forestier, goudronné pour les cyclistes.

A en croire son premier entraîneur, Miha Koncilja, attaque et Pogacar sont synonymes. « Chez nous, les 1998 (l’année de naissance de Pogacar) forment une génération incroyable, souligne celui qui a connu « Pogi » bambin. Résultat, dès les courses de jeunes, ça partait en feu d’artifice tout le temps. Attaque, attaque, attaque. Et Tadej n’a pas changé sa manière de courir. »

Samedi 5 septembre, agacé d’avoir perdu la veille 1 minute et 20 secondes dans une bordure causée par le vent, Pogacar avait déjà illustré ce caractère. En attaquant à plusieurs reprises avant de franchir la ligne d’arrivée à Loudenvielle avec 40 secondes d’avance sur les favoris. Au passage, il a battu ce jour-là de 45 secondes le record de la montée établi par Alexandre Vinokourov et Iban Mayo en 2003. « Si tu n’attaques pas, tu ne peux pas leur prendre du temps. J’en avais à récupérer. Il ne faut pas avoir peur et se donner à fond », avait justifié le coureur au sortir de sa folle cavalcade dans le col de Peyresourde.

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