« Si le sang coule, c’est un échec collectif terrible »


Lors du deuxième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, qui a vu les loyalistes l’emporter face aux indépendantistes, le 4 octobre, à Nouméa

Sur la place Bir-Hakeim de Nouméa, écrasée de chaleur en ce début de matinée, samedi 24 octobre, quelques centaines de personnes alignées derrière les barrières brandissent des drapeaux bleu-blanc-rouge. A l’arrivée du ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, dont c’est la première sortie officielle après quatorze jours de confinement sanitaire depuis son arrivée sur le territoire, vendredi 9 octobre, s’élèvent La Marseillaise et des « Vive la France ! », « Vive la Calédonie française ! ».

Samuel, rare Kanak présent parmi cette petite foule européenne, avec son drapeau aux couleurs de la Kanaky – nom de la Nouvelle-Calédonie pour les indépendantistes –, le bleu du ciel et de la mer, le rouge du feu et du sang, le vert de la terre, avec en leur centre le cercle jaune de la lumière incrusté d’une flèche faîtière, se voit vivement sommé de rentrer chez lui. « Je suis chez moi », rétorque le quinquagénaire, pas disposé à quitter les lieux malgré l’hostilité ambiante.

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Lors de cette prise d’armes célébrant le 80e anniversaire du ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre, le ministre des outre-mer a lu un message d’Emmanuel Macron, rappelant que l’archipel avait été « un des tout premiers territoires de l’empire français à rejoindre la France repliée à Londres ». « Tandis que la France présentait deux visages, la Nouvelle-Calédonie faisait en bloc le bon choix », souligne le président de la République, par la voix de son ministre.

« Nous irons jusqu’au bout »

Le « bon choix ». Celui auquel est aujourd’hui confrontée la population de ce territoire de 280 000 habitants du Pacifique, à 18 000 kilomètres de la métropole, où les plaies sanglantes de la colonisation restent à vif. Une première fois, le 4 novembre 2018, les électeurs autorisés à prendre part à la consultation avaient répondu par 56,7 % contre 43,3 % non à la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Deux ans plus tard, en application de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, le deuxième référendum portant sur la même question, le 4 octobre, a donné 53,3 % en faveur du maintien dans la République et 46,7 % pour le oui à l’indépendance.

Un troisième référendum est théoriquement prévu dans les deux ans, toujours aux termes de l’accord de Nouméa, pour peu qu’un tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie le demande. Et les indépendantistes ne laissent planer aucune ambiguïté quant à leur volonté d’aller jusqu’au troisième référendum. « Nous sommes dans un déroulé, nous ne souhaitons pas y changer quoi que ce soit, nous irons jusqu’au bout », affirme Roch Wamytan, le président (UC-FLNKS) du Congrès.

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