Rassemblement contre les violences après l’évacuation de la place de la République


Ce rassemblement intervient quelques heures après le vote, par les députés, en première lecture, de la proposition de loi dite « de sécurité globale »

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées dans la soirée, mardi 24 novembre, dans le calme, place de la République à Paris. Elles protestent contre l’évacuation violente la veille d’un campement de près de 500 migrants, majoritairement afghans, dont les images ont choqué.

Deux enquêtes ont été ouvertes mardi par le parquet de Paris sur des faits de « violences » sur un migrant et sur un journaliste dont sont soupçonnés des policiers lors de l’opération de lundi soir.

Parmi les manifestants venus, à l’appel d’associations d’aide aux migrants, demander un abri pour les personnes évacuées lundi soir, Traoré Yoro, membre de la coordination des sans-papiers du 75, a indiqué vouloir « soutenir les exilés qui ont subi les violences policières ». « Ça avait commencé la semaine dernière déjà mais cette fois tout le monde a vu ».

« C’était abject, cette violence », explique Adèle, 21 ans. « Et ça vient avec tout un contexte, la loi sur la sécurité globale. On voit bien que s’il n’y avait pas eu les images, on n’aurait rien su ».

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Vote de la proposition de loi dite « de sécurité globale »

Près de 450 personnes ont été évacuées de leur camp formé quelques heures plus tôt, lundi soir, à Paris.

Ce rassemblement intervient quelques heures après le vote, par les députés, en première lecture, de la proposition de loi dite « de sécurité globale » dont l’article 24, très controversé, fera l’objet d’un examen par le Conseil constitutionnel à la demande du premier ministre, Jean Castex.

L’article 24 de cette proposition de loi dite « de sécurité globale » pénalise d’un an de prison et 45 000 euros d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » de membres des forces de l’ordre en intervention, quand elle porte « atteinte » à leur « intégrité physique ou psychique ».

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Isaline, une étudiante de 21 ans, espère néanmoins que l’évacuation de la place lundi soir sera « le début d’une prise de conscience ». Pour Adèle, militante à l’Observatoire des camps de réfugiés, il s’agit de « dénoncer l’hypocrisie du gouvernement, qui dit qu’il fait des opérations de mise à l’abri et derrière laisse un millier de personnes sur le carreau ».

Depuis l’évacuation il y a une semaine d’un campement à Saint-Denis, entre 500 et 1 000 personnes se trouvaient en errance dans les rues en lisière de Paris, selon les associations qui leur viennent en aide.

« Depuis hier, ça n’a pas changé, on réclame simplement la mise à l’abri des personnes à la rue en pleine pandémie et l’arrêt du harcèlement policier que subissent les exilés », insiste Maël de Marcellus, responsable parisien d’Utopia56, et l’un des organisateurs du rassemblement.

Le Monde avec AFP



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