Près de quinze ans après ses débuts, l’assemblage du réacteur du projet international ITER est lancé


Des employés travaillent à l’intérieur du chantier de construction d’ITER (International thermonuclear experimental reactor),  le 10 octobre 2018.

Près de quinze ans après ses débuts, l’assemblage du réacteur du projet international ITER, dont l’ambition est de maîtriser la fusion de l’hydrogène, sera lancé, mardi 28 juillet, dans le sud de la France, en visioconférence, par le président français, Emmanuel Macron, et les représentants de plusieurs des 35 Etats membres.

Cet ambitieux projet, basé à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône), à une quarantaine de kilomètres d’Aix-en-Provence, vise à recréer l’énergie illimitée produite par le soleil et les étoiles, via la fusion de l’hydrogène, dans l’espoir de trouver une alternative aux énergies fossiles.

Emmanuel Macron s’exprimera en direct depuis Paris, suivi de déclarations par vidéoconférence de plusieurs représentants d’Etats et organisations partenaires, comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ou le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Une source d’énergie sûre et propre

Ces derniers mois, plusieurs composants de ce réacteur expérimental baptisé « Tokamak » – hauts pour certains comme un immeuble de quatre étages et pesant plusieurs centaines de tonnes –, ont été livrés sur le site depuis l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud ou encore l’Italie, permettant aujourd’hui de lancer une procédure d’assemblage qui pourra durer jusqu’à cinq ans.

Dix fois plus grand que ses homologues, dont les premières versions ont été développées dans les années 1950 en Union soviétique, ce gigantesque réacteur permettra de reproduire la réaction de fusion de l’hydrogène qui se produit naturellement au cœur du soleil : concrètement, cette fusion sera obtenue en portant à une température de l’ordre de 150 millions de degrés un mélange de deux isotopes de l’hydrogène transformé à l’état de plasma.

En bombardant la paroi du Tokamak, les neutrons nés de cette fusion produisent de la chaleur qui sera évacuée par un circuit d’eau sous pression pour aller ensuite alimenter, sous forme de vapeur, une turbine et un alternateur, et produire en bout de chaîne de l’électricité.

A terme, la fusion de l’hydrogène serait une source d’énergie sûre et propre, permettant de s’affranchir des énergies fossiles. Obtenue à partir de combustibles présents en abondance sur terre, l’eau et le lithium, elle a l’avantage de ne pas générer de déchets radioactifs, à l’inverse d’un réacteur nucléaire.

Le chantier d’ITER, l’un des plus importants d’Europe, s’étend sur près de 42 hectares et a mobilisé 2 300 ouvriers depuis ses débuts en 2010, avec une facture estimée à près de 20 milliards d’euros. Le premier kWh commercialisable produit par un réacteur à fusion n’est pas attendu avant 2060.

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Le Monde avec AFP



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