Pour son troisième vol d’essai, la fusée Starship de SpaceX se pose… puis explose


Décollage de la fusée Starship le 3 mars.

Jamais deux sans trois ? C’était la question que tout le monde se posait, mercredi 3 mars, au sujet du troisième vol d’essai en altitude du Starship, l’étage supérieur du futur lanceur lourd que développe la société américaine SpaceX : les deux premiers vols – le 9 décembre 2020 et le 2 février dernier – s’étaient conclus par un atterrissage manqué et par l’explosion de la fusée au sol. A l’occasion de ce nouvel essai, les ingénieurs avaient procédé à des modifications pour la phase finale du vol et Elon Musk avait estimé à 60 % les chances de succès.

D’une certaine manière, le patron de SpaceX ne s’était pas vraiment trompé. Le prototype SN-10 (Serial Number 10) a effectivement réussi à se poser sur la base de Boca Chica (Texas), un peu de travers mais en un seul morceau. Un feu s’est déclenché sous la fusée et des lances à incendie sont entrées en action pendant quelques instants. L’incendie semblait maîtrisé mais c’est à ce moment-là, quelques minutes à peine après l’atterrissage, qu’une violente explosion a propulsé le Starship à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol. L’engin a été détruit.

Même s’il a fallu s’y reprendre à deux fois pour le décollage (le premier compte à rebours a été interrompu 0,1 seconde avant la fin), le vol s’était passé de manière « nominale », pour reprendre l’adjectif utilisé dans le spatial et qui signifie que tout se déroule comme prévu. Pendant la phase ascendante, les trois moteurs Raptor du Starship se sont éteints l’un après l’autre et la fusée a effectué, à son apogée, l’étonnante manœuvre de bascule qui la caractérise, passant de la verticale à l’horizontale. Grâce aux volets qui l’équipent, le cylindre d’acier de 50 mètres a ensuite effectué une descente guidée, « à plat ventre ».

La destruction fait partie du jeu

Contrairement aux deux premiers essais au cours desquels les moteurs avaient été rallumés à la dernière seconde ou presque, les Raptor se sont remis en route plus tôt. Cela a donné à la fusée le temps de se redresser (avec trois moteurs), de se stabiliser (avec deux moteurs) et, enfin, de terminer sa descente (avec un seul moteur). Si cette manœuvre plus longue a permis de poser le Starship à peu près droit, cela n’a pas été suffisant pour empêcher sa destruction.

Il n’empêche. SpaceX n’a jamais fait mystère des risques pris pour les tests de sa fusée et considère qu’il apprend de ses échecs : la destruction fait en quelque sorte partie du jeu. Ce troisième essai, qui sera qualifié de semi-échec, marque une progression par rapport aux deux précédents. Et le SN-11, qui est déjà presque complètement assemblé à Boca Chica, attend son tour…





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