Pour les régionales, le Rassemblement national espère provoquer la « surprise »


Marine Le Pen, lors de sa visite au monument aux morts de la Grande Guerre, à Lisbonne, le 8 janvier.

Le Rassemblement national (RN) se reprend à espérer : après le scrutin décevant des municipales – réélection facile, au premier tour, dans la seule poignée de petites villes que tient le parti et, certes, une victoire à Perpignan, une ville de 100 000 habitants –, le RN souffre toujours d’un problème d’implantation et se prend à rêver d’emporter pour la première fois une région. C’est loin d’être acquis, même si la formation d’extrême droite conforte incontestablement ses positions et peut espérer faire de bons scores, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie, en Bourgogne ou dans les Hauts-de-France. « On se dirige vers des triangulaires dans plusieurs régions, indique Jordan Bardella, le vice-président du RN. Et il peut arriver un certain nombre de surprises. »

Le RN ne rendra pas public ses têtes de liste avant le début du mois de février, si la situation sanitaire le permet, et prévoit d’organiser un grand meeting numérique de présentation, conclu par un discours de Marine Le Pen. Il reste encore au bureau exécutif à faire plusieurs arbitrages délicats sur les têtes de liste aux régionales – ce dernier assure avoir investi un quart des candidats aux départementales. « Nous sommes le parti qui sans conteste a déjà investi le plus de candidats, assure Jordan Bardella. Même si on paie comme tout le monde le contexte sanitaire qui interdit les tractages, les réunions, les rencontres avec les militants. »

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Le numéro deux du RN devrait conduire la liste en Ile-de-France, faute d’un candidat sérieux – Wallerand de Saint Just n’avait obtenu au premier tour, en 2015, que 18,41 % des voix, et la région parisienne reste une terre de mission pour le RN. Les sondages le créditent pour le moment de 14 % des voix. Le député Sébastien Chenu, dans les Hauts-de-France, l’une des places fortes du parti, se trouvait lui en novembre à quelques points de Xavier Bertrand (29 % contre 33 %) mais Marine Le Pen, qui n’est pas candidate et se réserve pour la présidentielle, avait obtenu en 2015 au premier tour 40,64 % des voix. Le RN devrait prendre pour les départementales quelques transfuges de Debout la France, notamment dans l’Aisne et la Somme.

« On n’a pas d’alliances à faire »

Thierry Mariani, venu des Républicains (LR) et qui n’est pas membre du RN, devrait conduire la liste du parti en Provence-Alpes-Côte d’Azur, « une région où tout est possible », commente-t-il. « La gauche est condamnée à s’entendre, et cela promet d’être difficile, assure le député européen. Même chose à droite, Renaud Muselier [actuel président LR de la région] va devoir s’entendre avec La République en marche, mais sans trop le montrer, poussé par [le maire de Nice] Christian Estrosi qui veut devenir ministre. Nous, on n’a pas d’alliances à faire… » Sa liste arriverait en tête (30 %) devant celle de LR (26 %), selon un sondage IFOP pour La Tribune et Europe 1, publié le 11 janvier, mais serait défaite au second tour, par 37 % contre 40 % au président sortant.

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