portraits d’une Amérique en détresse


L’une des plus célèbres photos de Dorothea Lange sur une famille victime de la crise des années 1930 aux Etats-Unis, connue sous le nom de la « Mère migrante » de la Grande Dépression.

LCP – JEUDI 29 OCTOBRE À 20 H 30 – DOCUMENTAIRE

Personne mieux que Ken Burns ne sait montrer et expliquer l’Amérique d’hier au grand public. A travers ses documentaires formidablement mis en images et en sons (de la guerre de Sécession à la seconde guerre mondiale en passant par l’« âge du jazz » et la Prohibition), il reste une référence absolue.

Sylvain Desmille tente, lui aussi, de raconter l’Amérique. Avec moins de moyens que Burns mais en s’appuyant sur des documents d’archives, notamment photographiques, d’une grande richesse, Desmille parvient à construire des documentaires de qualité. En 2015, My American (Way of) Life s’intéressait à la culture américaine depuis 1945. En 2016, My American Way of War retraçait l’histoire entre 1918 et 1945.

Lire la critique d’un documentaire de Ken Burns : « Trois accords et la vérité » de la country

Cette fois, c’est l’Amérique des années 1930 qui est dans son viseur. Fidèle à sa trouvaille narrative, Desmille fait intervenir en voix off Jeff Stryker, personnage fictif mais qui participe de fait aux grands bouleversements de son pays. Pour évoquer les terribles conséquences de la crise de 1929, le narrateur choisit le mode intime et souligne les répercussions concrètes de la récession sur sa vie d’étudiant, puis de jeune homme marié et embauché par l’administration fédérale.

Modernité des problématiques

Commissionnés par la Farm Security Administration, organisme chargé de dresser un tableau de la situation des principales victimes de la Grande Dépression, les plus grands photographes de l’époque sillonnent le pays. Les clichés de Dorothea Lange, Walker Evans ou Carl Mydans, exposés dans le documentaire, expliquent la crise mieux que de longs discours.

Mais ce qui frappe dans ce programme, c’est aussi la modernité des problématiques. On y parle de spéculateurs, de faillites des banques, de crise industrielle. On évoque des fermiers ruinés, des ouvriers virés en masse, des salaires arbitrairement baissés. A cela s’ajoutent les délicates questions raciales (avec notamment des photos d’une force inouïe prises dans des bidonvilles à Washington). Sans oublier l’inquiétante popularité du national-socialisme. Les images du 20 février 1939 au Madison Square Garden de New York où 20 000 sympathisants américains font le salut hitlérien constituent un moment fort de ce documentaire instructif.

Une dépression américaine, de Sylvain Desmille (Fr., 2019, 52 min). Disponible sur le site de LCP.



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