Policiers et gendarmes face au casse-tête du reconfinement lié au Covid-19


A Paris, le 17 octobre

Avec le « retour des attestations » annoncé par Emmanuel Macron mercredi 28 octobre, le reconfinement qui s’annonce a des airs de déjà-vu pour les forces de l’ordre, déjà fortement sollicitées entre le 17 mars et le 11 mai. La police et la gendarmerie avaient été à l’époque mobilisées afin de faire respecter les interdictions de déplacement. Elles s’étaient vu à cette occasion octroyer des pouvoirs de coercition extrêmement larges sur l’ensemble de la population. Ce devrait être à nouveau le cas, même si plusieurs éléments viennent modifier les conditions dans lesquelles les effectifs vont être amenés à intervenir.

Une visioconférence était prévue, jeudi, entre la direction générale de la police nationale et les syndicats, pour discuter des modalités de mise en place du nouveau dispositif et de son impact. Mais avec l’attentat islamiste de Nice, le programme de la journée a été totalement revu et la réunion a été reportée à vendredi.

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Comme ce fut le cas lors du premier confinement, la police nationale et la gendarmerie abordent la période avec un nombre conséquent de cas positifs dans leurs rangs. Plusieurs dizaines de fonctionnaires et de militaires sont sur le flanc. C’est le cas par exemple de la CRS 50 à Saint-Etienne, une ville très touchée par le Covid-19. Une trentaine de personnes ont été contaminées.

Le mode de vie en caserne des unités spécialisées dans le maintien de l’ordre (les CRS et les escadrons de gendarmerie mobile) les rend particulièrement vulnérables à la formation de clusters. D’après une source policière, les agents ont été quatre fois plus touchés par le coronavirus que le reste de la population entre mars et mai.

Des masques en nombre suffisant

Deux évolutions devraient cependant modifier largement la donne. Tout d’abord, les effectifs travailleront cette fois-ci avec des masques en nombre suffisant. La pénurie d’équipements avait été un des points de crispation entre les troupes et le ministère de l’intérieur lors du premier confinement.

Plutôt que d’assumer le manque et le fléchage prioritaire des stocks vers les hôpitaux, la communication gouvernementale avait insinué que ceux-ci n’étaient pas efficaces ou que les policiers ne sauraient pas bien les porter. Des petites phrases qui avaient été très mal vécues.

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Deuxièmement, le fait que les crèches, écoles maternelles, écoles primaires, collèges et lycées restent ouverts devrait permettre de libérer les effectifs qui ont des enfants à charge. A l’inverse, le maintien de l’ouverture des tribunaux ne devrait pas permettre de libérer des effectifs mobilisés sur le bon fonctionnement de la justice, comme ce fut le cas la dernière fois.

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