Paris et Berlin mettent en scène leur coopération


La ministre française de la défense Florence Parly  avec ses homologues allemand Annegret Kramp-Karrenbauer (à gauche) et espagnol Angel Olivares Ramirez,  après la signature d’un contrat sur le système de combat aérien du futur, à Paris, le 20 février 2020.

Le geste est un beau symbole même si tout reste à faire : sur la base aérienne militaire d’Evreux, jeudi 17 septembre, les ministres française et allemande de la défense, Florence Parly et Annegret Kramp Karrenbauer, devaient poser la première pierre du futur « escadron mixte de transport tactique », qui réunira en un même lieu avions et spécialistes des deux pays.

Ce sera, autrement dit, « la première unité opérationnelle franco-allemande », qui doit compter en 2024 dix avions militaires C-130J (quatre français et six allemands) destinés à la logistique et au ravitaillement en vol. « Nous pourrons avoir alors un avion français réparé par des mécaniciens allemands et qui partira en mission avec un équipage bi-national », s’enthousiasme-t-on au ministère des armées.

Le commandement de l’escadron sera aussi mixte, un officier français secondé d’un allemand. Les habituelles restrictions allemandes sur l’emploi des forces au combat ne manqueront pas de modeler l’usage de ces appareils. Mais le projet va plus loin que la brigade franco-allemande, dont l’état-major bi-national coiffe deux régiments distincts qui n’ont jamais été employés ensemble dans une véritable opération militaire. Les deux pays vont investir chacun 110 millions d’euros dans les infrastructures d’Evreux d’ici quatre ans.

Projet stratégique du « système de combat aérien du futur »

Le volontarisme s’affiche de part et d’autre, pour faire avancer les complexes programmes de défense lancés en coopération avant des échéances électorales qui pourraient les ralentir, 2021 pour les législatives allemandes, 2022 pour la présidentielle française.

Jeudi les deux ministres ont prévu d’aller également ensemble à Manching en Bavière, le site d’Airbus en Allemagne. L’industriel est partie prenante du projet d’eurodrone, mené à quatre avec l’Espagne et l’Italie. Paris assure désormais qu’un accord est à portée « avant la fin d’année » et que ce drone de moyenne altitude et de longue endurance (MALE), de la classe des Reaper américains, volera en 2028. Cette date a été sans cesse repoussée, faute d’accord entre partenaires et en raison du prix trop élevé proposé par les industriels. « Nous sommes dans la course finale sur la négociation, tout près de l’objectif de 7,1 milliards d’euros » pour 63 drones, a indiqué le ministère de la défense mercredi, en assurant que ce drone sera « moins cher » que son concurrent américain.

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