nos coups de cœur de l’année 2020


Le jazz et la salsa : les coups de cœur 2020

En 2020, le monde de la musique a été brutalement frappé par la crise sanitaire. Ces dernières années, l’évolution du modèle économique de l’industrie musicale avait replacé la scène au centre du jeu. Avec l’arrêt des concerts, les musiciens se retrouvent subitement privés de revenus. Si la privation de musique live nous rend la période encore plus difficile, les musiciens sont toujours là et leur résilience force le respect.

Le jazz et la salsa vous propose de découvrir dix albums latin jazz et salsa à retenir de 2020.

« Con Tumbao », de Orquesta Faílde (Egrem)

Ethiel Faílde, arrière-arrière-petit-neveu de Miguel Faílde, donne un sérieux coup de jeune au danzón, le genre musical créé par son aïeul. Au programme : des classiques, des adaptations mais également des titres de style contemporain. Un mélange des genres assumé pour un album survitaminé.

« Te Lo Dije », de Harold López-Nussa (Mack Avenue)

Au fil des albums et des tournées, Harold López-Nussa est venu enrichir la liste des pianistes cubains qui ont fait la réputation de l’île. En quartet, le musicien s’offre une incartade dans la musique populaire. Un album jubilatoire qui lui donne la possibilité d’exprimer toute sa versatilité.

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« El Cuento De La Buena Pipa », d’Alain Pérez (Egrem)

Depuis son retour à Cuba il y a cinq ans, l’ancien bassiste d’Issac Delgado et de Paco de Lucía est devenu la figure la plus novatrice de la timba. Alain Pérez trace son sillon dans le champ souvent formaté de la musique bailable avec une proposition inventive et inédite.

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« Machete », de La Excelencia (Cali York Records)

Il y a dix ans, La Excelencia ambitionnait de révolutionner la salsa. Le groupe new-yorkais réussit son retour en renouant avec la recette qui a fait son succès : une salsa dure, à texte et dansante, et beaucoup de saveur.

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« Sol », de Doug Beavers (Circle 9 Records)

Sideman réputé (Eddie Palmieri, Spanish Harlem Orchestra), le tromboniste Doug Beavers est également un producteur et un leader brillant. La preuve avec Sol, un bel album qui surprend avec une soul latine séduisante.

« Si Tu Quieres Salsa – Lado A & Lado B », de La 33 (La-33)

Oubliés les thèmes spectaculaires, La 33 s’appuie désormais sur une salsa solide qui n’oublie pas les textes. A bientôt vingt ans, les trublions de Bogotá ont gardé intacte leur créativité multimédia en misant sur la vidéo et les EPs, épousant ainsi la demande du public.

« Icono », de Orquesta Aragón (Puntilla Music)

Chachachás, danzónes et guarachas… Ambassadeur dans le monde entier de la musique cubaine, la Orquesta Aragón est un monument national. La mythique charanga fête ses 80 ans avec des compositions résolument modernes qui jamais ne trahissent son ADN.

« Mi Songo – Edición 50 Aniversario », de Los Van Van (Egrem)

En un demi-siècle d’existence, le groupe fondé par Juan Formell, disparu en 2014, a marqué la culture populaire cubaine. L’occasion pour la formation actuelle d’interpréter les classiques au côté d’une pléiade d’invités et pour l’auditeur de redécouvrir leur répertoire des années 70 et 80.

« The III Side », de Pacific Mambo Orchestra (Pacific Mambo LLC)

Le big band basé en Californie fait preuve d’un savoir-faire solide dans un album riche en performances comme la relecture de standards comme le A Night In Tunisia de Dizzy Gillespie, ou encore des incursions dans la musique classique ou la rumba.

« La Fórmula Del Mambo » & « Enclave De Bolero », de La Ciencia De Juancho Valencia (Somos)

Quand le producteur colombien de Puerto Candelaria joue les explorateurs dans les studios Egrem de La Havane pour enregistrer mambos et boléros comme dans les années 50, le résultat dépasse toutes les espérances avec de belles compositions et un son remarquable.

Les questions sociales ont été toujours source d’inspiration pour les musiciens caribéens. Déjà, la pandémie a inspiré de nombreuses productions. Je vous propose de dire adieu à 2020 avec deux titres marquants de l’année écoulée.

« No Puedo Respirar », de Edwin Pérez y Orquesta SCC (Homerun Music/Zonero Music)

Il y a cinq ans, la Orquesta SCC composait No Puedo Respirar (I Can’t Breathe) dont les paroles font cruellement écho à l’assassinat de George Floyd. Le chanteur Edwin Pérez a republié la chanson sur YouTube sous-titrée et illustrée avec les images des violences policières et des manifestations Black Live Matters. Que les restrictions d’accès ne vous empêchent pas de la visionner directement sur la plateforme de vidéos.

« Quiero Verte Otra Vez », de Havana D’Primera (Páfata Productions)

Sidérés par la situation sanitaire, les amoureux des musiques cubaines ont trouvé le réconfort dans ce refrain d’Alexander Abreu : « Anda cuidate, quedate en casa. » « Prends soin de toi, reste chez toi. » Souvenir heureux d’un premier confinement où on attendait le monde d’après.

« Le jazz et la salsa » puise sa matière dans la rencontre avec les artistes et la musique live. Alors que souhaiter d’autre pour 2021 que le retour des concerts ? Et si tout n’est pas réglé, je suis persuadé que si on leur demande gentiment, les directeurs de salles et de festival accepteront de disposer des sièges face à la scène et que les spectateurs se plieront volontiers aux gestes barrières.

En attendant le retour des jours heureux, je vous souhaite une très belle année musicale !

A noter que l’ordre d’apparition des disques de cette sélection ne correspond en aucun cas à un classement.



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