Michel Reynaud, l’un des fondateurs de l’addictologie, est mort


Michel Reynaud, en 2008.

L’annonce a été un choc pour le monde de l’addiction. Michel Reynaud est mort le 27 juin, emporté par un cancer foudroyant. Ce psychiatre et addictologue venait d’avoir 70 ans.

Considéré comme l’un des fondateurs de l’addictologie, il a rejoint l’hôpital universitaire Paul-Brousse (AP-HP) à Villejuif en 2000 pour y créer l’un des premiers services dans cette discipline. « Nous sommes partis de zéro, et nous sommes aujourd’hui reconnus », se souvient, très ému, Amine Benyamina – il lui a succédé en 2014 –, qui avait à l’époque une consultation en addictologie prétransplantation. Ils étaient quatre, avec un cadre infirmier et une infirmière.

Chef du département de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, Michel Reynaud va beaucoup œuvrer pour que cette discipline soit reconnue puis enseignée. Il y crée aussi l’Albatros, un centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions (Certa).

Né le 4 mai 1950, à Talence (Gironde), fils d’un professeur de médecine dans la marine, qui a officié en Afrique, notamment au Maroc, Michel Reynaud a commencé ses études de médecine sur les bancs de la faculté de Casablanca puis ailleurs en Afrique, avant de rejoindre Bordeaux et Paris, où il opte pour la psychiatrie. Michel Reynaud est ensuite nommé, en 1990, professeur de psychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand.

« Un des piliers de la reconnaissance de l’addictologie »

Auteur de nombreux rapports sur l’addictologie qui ont fait autorité, il est à l’origine du premier plan addiction, défendu auprès du président Jacques Chirac, en 2003, qui aboutira aux mesures de lutte antitabac dont l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Il a contribué aussi à changer l’image de l’alcool dans l’opinion. « Il s’est engagé aux côtés d’acteurs comme les “intervenants en toxicomanie” des années 1970, à la fois pour les mobiliser sur le risque de l’alcool, et pour soutenir leur combat de déstigmatisation de la toxicomanie », rappelle le psychologue clinicien Jean-Pierre Couteron. Si cela semble évident aujourd’hui, ça ne l’était pas à l’époque.

Récemment, son combat l’avait encore engagé dans la campagne du « Dry January » ou « Janvier sec ». « Il a beaucoup contribué à faire avancer la réduction des risques et s’est engagé pour lever le stigmate sur la pénalisation de l’usager de drogues illicites, des batailles pour lesquelles il n’était pas toujours suivi », ajoute Jean-Pierre Couteron, qui loue « son ambition, son courage et un vrai sens politique ».

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