Matteo Renzi retire son parti de la coalition au pouvoir en Italie


Le sénateur et ancien premier ministre italien Matteo Renzi, lors d’une conférence de presse, le 13 janvier, à la Chambre des députés, à Rome.

Tout a commencé à bas bruit, par des menaces en coulisse dont l’écho s’entendait de loin en loin dans la presse, sous forme d’indiscrétions. Puis sont arrivées les menaces ouvertes de rupture, à la veille des fêtes de fin d’année : s’il n’obtenait pas de garanties, l’ancien premier ministre et secrétaire du Parti démocrate (centre gauche) Matteo Renzi, désormais à la tête du petit parti centriste Italia Viva, retirerait sa confiance au président du conseil, Giuseppe Conte. Cependant nul ne pensait sérieusement que l’actuelle majorité s’offrirait le luxe d’ouvrir une de ces crises politiques qui constituent l’ordinaire de la vie politique italienne, le jour même où la protection civile annonçait que l’Italie déplorait plus de 80 000 morts dans l’épidémie de Covid-19.

En général il s’agit de peser plus que de rompre, de menacer plus que de passer à l’acte. Mais parfois il arrive que, de surenchère en surenchère, les protagonistes se retrouvent placés, presque à leur insu, dans une situation où nul ne peut plus faire un pas en arrière. C’était depuis plusieurs jours la situation dans laquelle se trouvaient Giuseppe Conte et Matteo Renzi. Mercredi 13 janvier, peu après 18 heures, ce dernier a annoncé dans une conférence de presse le départ prochain des trois membres du gouvernement issus de son parti, Teresa Bellanova (agriculture), Elena Bonetti (famille) et Ivan Scalfarotto (secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la coopération internationale), quelques heures après l’adoption par le conseil des ministres des grandes lignes du plan européen de relance.

« Un acte incompréhensible »

Comparant Giuseppe Conte à un « roi nu », dont la pratique du pouvoir causait un profond « vulnus [blessure] démocratique », l’ancien homme fort de la gauche italienne s’est lancé dans un violent réquisitoire contre un chef du gouvernement accusé de « vouloir les pleins pouvoirs » : « Qui prétend stopper le jeu démocratique au nom de la pandémie ne bloque pas la pandémie mais la démocratie ! », assène-t-il. Pourtant, quelques minutes plus tard, le même Matteo Renzi ne semble pas exclure de revenir à la table des négociations. « Nous n’avons aucun préjugé ni sur les noms ni sur les formules. Mais, tant pour cette majorité que pour toute autre forme de majorité parlementaire, il n’y a pas seulement un nom [de président du conseil] possible. »

Dans les rangs de la majorité parlementaire désormais en péril, les critiques commencent à tomber avant même la fin de l’allocution. Celles-ci sont beaucoup plus virulentes de la part de ses anciens alliés du Parti démocrate. Pour le secrétaire du parti, Nicola Zingaretti, le coup d’éclat de Matteo Renzi est « un acte incompréhensible, une erreur gravissime ». Son bras droit, Andrea Orlando, parle, lui, d’une « erreur commise par quelques-uns, mais que nous paierons ».

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