Marine Le Pen fait le ménage au Rassemblement national avant les régionales


La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, et le vice-président du parti, Jordan Bardella, à Nanterre, le 28 juillet.

Marine Le Pen a discrètement écarté, en plein mois de juillet, plusieurs membres de la direction du Rassemblement national : ils ont appris par courriel qu’ils n’appartenaient plus à la Commission nationale d’investiture, ainsi que l’a révélé Le Figaro le 1er août. La commission est une instance particulièrement stratégique, puisqu’elle doit désigner les 8 000 candidats des prochaines élections départementales, et les dix-huit listes du parti pour les régionales.

Quatre membres du Bureau national, l’organe de direction du RN, en sont exclus : Gilbert Collard, Hélène Laporte, tous deux députés européens, Mathilde Paris, conseillère régionale du Centre Val de Loire, et surtout Nicolas Bay, l’ancien secrétaire général du parti – une première dans l’histoire du mouvement. Deux autres élues sont également remerciées, Sylvie Beaulieu, conseillère régionale de Bourgogne-Franche Comté, et Sandrine D’Angio, la nièce du seul sénateur RN, Stéphane Ravier, qui perd du coup un œil sur les nominations dans les Bouches-du-Rhône.

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Ce micro-événement pourrait, à terme, être le symptôme d’une crise plus grave, et l’éviction de Nicolas Bay, député européen, membre du bureau exécutif – le gouvernement du RN – provoque des remous en interne. Dans le parti d’extrême droite, en l’absence de véritable instance de débat, où les textes d’orientation n’existent pas pour structurer idéologiquement les tendances, les conflits ne se font pas tant sur le plan des idées que sur les personnes. Ce qui décuple les tensions. « Il y a un mécanisme de purge, de rétrécissement qui se met en place, note un cadre régional. C’est du clanisme. Et il y a une paranoïa invraisemblable concernant Marion Maréchal, et ceux supposés la soutenir ».

Nicolas Bay a adhéré au Front national en 1992, à l’âge de 15 ans, mais a suivi Bruno Mégret lors de la scission de 1998, jusqu’à devenir, après une rapide ascension, secrétaire général du MNR, le mouvement national républicain. Il s’est ainsi retrouvé en 2004 tête de liste des régionales en Ile-de-France – face à Marine Le Pen, tête de liste du Front national. Cinq ans plus tard, de retour au FN, il s’était finalement découvert quelques points communs avec la présidente, et est rapidement monté dans l’appareil, jusqu’à devenir en 2012 l’un des porte-parole de la candidate à la présidentielle. Chacun convient de sa force de travail, de ses nombreuses relations aussi bien chez les identitaires qu’à droite, parmi les réseaux catholiques – il a notamment fondé l’association Jeunesse Action Chrétienté avec Guillaume Peltier, aujourd’hui vice-président délégué du parti Les Républicains. Il est ainsi devenu un élément essentiel pour un parti qui peine à élargir sa base.

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