Macron défend sa gestion de crise face à « une nation de 66 millions de procureurs »


Le président de la République rencontre des étudiants à l’université de Paris-Saclay, jeudi 21 janvier.

Entre deux phases de stop-and-go, il faut bien un moment de statu quo. L’occasion de préparer les esprits à un éventuel futur tour de vis. Jeudi 21 janvier, le ministre de la santé, Olivier Véran, a justifié la volonté de l’exécutif de ne pas ajouter, pour l’instant, de nouvelles mesures contraignantes, afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19. Mais il a prévenu : cela ne veut pas dire que les lendemains seront roses. Une semaine après la mise en place d’un couvre-feu national à 18 heures, la « pression reste forte » sur les services hospitaliers avec près de 20 000 nouveaux cas en moyenne par jour. « Si nous constations que malgré le couvre-feu sanitaire, la pression sur nos hôpitaux continue d’augmenter, nous pourrions aller jusqu’au confinement », a affirmé M. Véran, sur TF1. L’ultime option, que le pouvoir veut éviter à tout prix. Avant d’en arriver à cette extrémité, le ministre de la santé « souhaite donner sa chance » au couvre-feu : « S’il devait être efficace sur le plan national, on éviterait un confinement et toutes ses conséquences. »

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C’est surtout la circulation des variants britannique et sud-africain qui suscite l’inquiétude des autorités. Jeudi soir, l’Elysée a annoncé à l’issue d’un Conseil européen, que des tests PCR seront exigés à tous les voyageurs, y compris européens, avant leur entrée en France. Sur TF1, M. Véran a évoqué « une course contre-la-montre pour freiner la diffusion » du variant britannique, « beaucoup plus contagieux » que la souche initiale du Covid-19. Avant de prévenir que si la France devait « rentrer dans un scénario à l’anglaise », où il y a près de 1 500 morts par jour, les autorités n’auraient d’autres choix que de décréter un troisième confinement.

« Transparence »

Le gouvernement dit vouloir attendre de disposer de données consolidées sur l’efficacité du couvre-feu, ainsi que sur la pénétration des variants sur le territoire, avant de décider de la marche à suivre. En coulisses, le scénario d’un confinement strict, sur le modèle de celui du printemps 2020, mais en laissant cette fois les écoles ouvertes, est étudié. Privilégiée au sommet de l’Etat, cette hypothèse a été accréditée par M. Véran, jeudi. « Nous avons toujours fait le choix de ne pas fermer nos écoles. L’éducation de nos enfants est cruciale », a-t-il affirmé.

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Alors que des rendez-vous de vaccination ont été déprogrammés dans plusieurs régions de France, parfois jusqu’en mars, faute d’un approvisionnement suffisant en doses, l’exécutif se retrouve sur la défensive. Jeudi, devant la commission des lois du Sénat, le ministre de la santé a mis en cause une trentaine de départements qui ont « ont procédé à ce qu’on appelle du coup du surbooking (…) avec un peu plus de créneaux qu’ils n’avaient de doses ». Tout en assurant vouloir jouer la « transparence ». Contrairement à l’épisode des masques, où la pénurie n’avait pas été assumée. Le ministre de la santé a donc énuméré le nombre de personnes que le gouvernement pense être « en mesure » de vacciner : « 1,3 à 1,4 million » fin janvier, « 4 millions fin février, 9 millions au mois de mars »… Et « 70 millions, c’est-à-dire la totalité de la population française, d’ici à la fin août », a-t-il assuré, « si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales ». Par ailleurs, il a annoncé 500 000 nouvelles places de vaccination la semaine prochaine.

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