Lous and the Yakuza chante ses errances nocturnes


Lous and the Yakuza, en Normandie, en juillet.

Le rire de Lous and the Yakuza résonne dans la suite d’un grand palace parisien. La chanteuse, de son vrai nom Marie-Pierra Kakoma, à Paris pour la Fashion Week, en profite pour parler de son premier album, Gore, qui devait sortir vendredi 16 octobre. Du haut de son mètre soixante-seize, l’ancienne mannequin éclate de rire quand elle détaille ce qu’elle a vu la veille : une collection de bijoux « évidemment magnifique et inabordable ».

De mère rwandaise et de père congolais, la jeune femme de 24 ans est la nouvelle sensation hip-hop soul venue de Belgique, avec Damso et Angèle. Après un passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre 2019, Lous and the Yakuza – qui tient son nom d’artiste du verlan de « soul » et de sa fascination pour la culture japonaise – est une artiste hybride qui a trouvé son alter ego en la personne d’El Guincho. Récompensé en 2020 par deux Grammy Awards pour son travail avec la chanteuse de flamenco Rosalia, le producteur espagnol a su canaliser l’énergie de cette mélomane.

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Enfant, elle apprend à chanter en répétant les paroles en latin de Lacrimosa, de Mozart. Aujourd’hui, elle écoute aussi bien le pop-rock de Rex Orange County que le rap français, dont elle garde la rugosité des expressions dans ses chansons douces et amères. El Guincho, originaire des îles Canaries, ex-membre du groupe Coconut, dit partager avec la jeune Congolaise « sa mentalité d’immigrante », explique-t-il dans un documentaire qui sera diffusé prochainement sur la chaîne YouTube de la chanteuse : « Elle est débrouillarde, et elle se bat en permanence. »

Lumineuse et chaleureuse

En 2017, alors qu’il travaille sur l’album El mal querer, de Rosalia, il craque pour les chansons en français de Lous, qui raconte alors en musique ses errances nocturnes dans les rues bruxelloises. La jeune fille, dont les parents médecins au Rwanda n’apprécient guère qu’elle abandonne ses études pour la musique, s’est retrouvée par deux fois sans logement. Elle dort dans un studio d’enregistrement, où elle échange des cours de chant contre un hébergement gratuit, quand ses premières maquettes sont repérées par une maison de disques française.

Quand elle contacte le producteur espagnol, elle a déjà écrit la majorité des chansons de son disque – des textes qui parlent de sa solitude dans la rue, qui s’inspirent de ses conversations avec des prostituées, des proxénètes (Solo, Courant d’air, Quatre Heures du matin). El Guincho la fait venir à Barcelone, lui impose une hygiène de vie, un rythme de travail pendant la journée, et la convainc de « ne pas surjouer la chanteuse, de ne pas être si dramatique ». Lui s’attache à rester minimaliste et clair dans sa production, « sans en rajouter avec un son trop lourd, trop pompeux ».

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