L’opposant russe Alexeï Navalny veut tenter son grand retour à Moscou


Photo extraite de la vidéo mise en ligne par l’opposant russe Alexeï Navalny, le mercredi 13 janvier.

Alexeï Navalny n’a jamais laissé planer de doute sur sa volonté de rentrer en Russie. Dès sa sortie du coma en septembre 2020, après son empoisonnement sur le territoire russe au Novitchok, un puissant agent neurotoxique, il assenait : « J’enquêterai personnellement sur ceux qui ont essayé de me tuer et je rentrerai en Russie. » Dans une vidéo diffusée mercredi 13 janvier sur sa page Instagram, l’opposant le plus connu de Vladimir Poutine a confirmé son intention de quitter l’Allemagne, où il était en convalescence après avoir été hospitalisé en urgence au mois d’août, et déclaré avoir acheté un billet d’avion. Il devrait ainsi atterrir dimanche 17 janvier à 19 h 20 sur l’aéroport de Vnukovo, au sud-ouest de Moscou, à bord de la compagnie russe Pobeda, dont le nom signifie « victoire » en Russe. Tout un symbole.

« La question Revenir ou pas ? ne s’est jamais posée pour moi. Simplement parce que je ne suis pas parti. Je me suis retrouvé en Allemagne en y étant arrivé dans un caisson de réanimation », a expliqué le militant de la lutte contre la corruption, dont le sort, en Russie, reste incertain. S’il parvient à rejoindre la capitale russe, dimanche, il peut s’attendre à un accueil glacial des autorités et à une probable escorte policière qui n’aura rien à voir avec celle, digne d’un président, qui l’avait emmené fin août inconscient vers une clinique de Berlin, voire à la case prison dès sa descente d’avion.

Lire aussi « Si l’avion n’avait pas atterri en urgence… » : un présumé officier du FSB piégé par Alexeï Navalny

Alexeï Navalny a néanmoins suivi son plan. Le 14 décembre, il a d’abord rendu publique une enquête réalisée en collaboration avec le site d’investigation Bellingcat sur les responsables présumés de son empoisonnement, un commando d’agents du FSB, les services russes de sécurité, chargé de le suivre depuis trois ans déjà. Puis, quelques jours plus tard, l’opposant piégeait par téléphone l’un de ces hommes en lui faisant admettre non seulement sa participation à la tentative d’empoisonnement, mais aussi son rôle dans l’opération qui a consisté à laver le slip de l’opposant imprégné de Novitchok.

« Venez m’accueillir ! »

De quoi faire réagir les autorités russes qui ont tout fait, récemment encore, pour le dissuader de remettre les pieds en Russie. Le 29 décembre, le service pénitentiaire russe (FSIN) avait donné vingt-quatre heures à l’opposant pour se présenter, faute de quoi sa liberté conditionnelle se transformerait en prison ferme. Condamné en 2014 pour fraude dans une affaire concernant la filiale russe du groupe Yves Rocher, Alexeï Navalny devait en effet pointer tous les mois dans un commissariat de la banlieue sud de Moscou – contrainte qui devait être levée, sa condamnation arrivant à son terme.

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