l’exploration « galère » mais spectaculaire de la mission Gombessa V


Un gorgonocéphale aperçu dans « Planète Méditerranée », lors de la mission Gombessa V menée par Laurent Ballesta en juillet 2019.

ARTE – SAMEDI 19 SEPTEMBRE À 20 H 50 –
DOCUMENTAIRE

« L’aventure, ce mot romanesque pour dire galère. » Le biologiste, plongeur et photographe Laurent Ballesta aime cette définition, qui colle parfaitement à sa dernière mission, accomplie du 1er au 28 juillet 2019 et à l’origine de Planète Méditerranée. Un documentaire plus proche du récit d’expédition scientifique que du film animalier.

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Il y avait déjà de quoi rester dubitatif lorsque Laurent Ballesta avait exposé, fin 2018, son projet Gombessa V à la Maison des océans de Paris, cinq ans après Gombessa I, mené en Afrique du Sud, en 2013, d’où il a ramené les premières images du cœlacanthe – ce poisson relique également appelé gombessa.

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Images inédites

Les expéditions hors normes, Laurent Ballesta y a pris goût au côté du Nicolas Hulot, dont il a intégré l’équipe pour l’émission « Ushuaïa Nature » (TF1) en 1999. Il en a ensuite peaufiné le concept en fixant, pour chaque expédition Gombessa, un objectif triple : résoudre un mystère scientifique, relever un défi de plongée et capter des images inédites. Ce qui donne ici : explorer les fonds bathyaux (en dessous de 200 mètres de profondeur) en se libérant de la contrainte que représente la remontée par paliers, qui ajoute cinq heures de décompression aux dix minutes de plongée effective.

Pour y parvenir, l’aventurier Ballesta a imaginé un dispositif d’une rare complexité. Il s’est enfermé vingt-huit jours dans un caisson de 5 m2 avec trois plongeurs expérimentés, le biologiste marin Antonin Guilbert, l’assistant éclairagiste Thibault Rauby et le cameraman sous-marin Yanick Gentil. Le caisson, arrimé à une vieille barge tractée par un remorqueur, a ensuite navigué au large des côtes entre Marseille et Monaco. Et, chaque jour, à l’aplomb d’un nouveau site, les quatre aquanautes se glissaient dans la tourelle, également pressurisée, pour descendre à 70, 90 ou 150 m sous le niveau de la mer.

Mais, passé l’euphorie des premières plongées « illimitées », le froid, les « sorties », l’ennui pèsent sur le moral. Le plaisir du téléspectateur va en revanche croissant, qu’il s’intéresse au résultat des expériences scientifiques menées à bord, ou qu’il admire simplement des images inédites d’une morue cuivrée, de forêts de corail noir ou d’un gorgonocéphale.

Planète Méditerranée, de Gil Kebaïli, raconté par Ludivine Sagnier et Laurent Ballesta (Fr., 2019, 95 min). Sur Arte.tv jusqu’au 17 novembre.



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