l’exécutif réfléchit à la mise en place d’un « pass sanitaire » pour se redonner un « cap »


Le premier ministre Jean Castex (gauche) et le ministre de la Santé Olivier Véran (droite), à l’Élysée, le 3 mars.

Hier encore, l’idée provoquait les réactions outrées de ceux qui voient dans cette hypothèse une atteinte profonde aux libertés fondamentales. La voici qui s’impose à bas bruit comme l’une des seules alternatives permettant de retrouver nos « vies d’avant ».

Après un an de restrictions dictées par les vagues de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement, mis sous pression par ses partenaires européens, qui poussent en faveur de l’instauration rapide d’un passeport vaccinal afin de rétablir une circulation fluide au sein de l’Union européenne, assume désormais de travailler sur les scénarios des mois à venir où pourrait s’imposer un « pass sanitaire ». Un sésame dont se doteraient les Français pour voyager à nouveau librement, donc, mais aussi fréquenter restaurants, bars, salles de sports et lieux culturels, fermés depuis de longs mois.

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Une réunion interministérielle s’est tenue, mercredi 3 mars, à l’Elysée, dans le but de réfléchir aux pistes permettant à la France de revivre normalement, quand bien même le virus circulerait toujours. « Emmanuel Macron a envie d’anticiper. L’idée, c’est de travailler sur les protocoles de réouvertures des lieux aujourd’hui fermés, dès que la situation sanitaire nous permettra de l’envisager, ainsi que d’harmoniser les réflexions que chacun mène en chambre depuis quelques semaines », indique un proche du chef de l’Etat.

Ces réflexions concernent par exemple les théâtres, cinémas et musées. Selon l’Agence-France-presse, deux concerts test auront lieu durant la deuxième quinzaine de mars, avec un millier de personnes réunies dans la salle de spectacle du Dôme, à Marseille.

« Enclencher un cycle d’optimisme »

Pour l’Elysée, ce travail, mené de façon concomitante avec la campagne vaccinale, doit offrir à des Français de plus en plus moroses un « cap ». Alors que le gouvernement a décidé d’imposer un confinement le week-end dans le Pas-de-Calais, en plus de ceux déjà instaurés dans les Alpes-Maritimes et l’agglomération de Dunkerque (Nord), « cela permet d’enclencher un cycle d’optimisme », veut-on croire dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

Pour autant, l’exécutif craint de voir s’installer trop tôt le débat sur le passeport vaccinal. Alors que seulement trois millions de personnes se sont vues injecter au moins une dose de vaccin, il serait délicat, juge-t-on, de se projeter trop rapidement. « L’heure n’est pas venue d’un pass sanitaire dans notre pays, ni en Europe, mais de se poser les bonnes questions et d’avancer », estimait, mardi, le ministre de la santé, Olivier Véran, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. « Même si on n’est pas encore dans le tempo, les Français en parlent aujourd’hui spontanément dans les enquêtes d’opinion, souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. Le sujet s’impose car il représente le moyen pour beaucoup de retrouver notre art de vivre à la française. »

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