L’Europe face à la délicate sortie du chômage partiel


Eviter que l’automne ne tourne au désastre social. Tout faire pour limiter la vague de licenciements tant redoutée. Lundi 14 septembre, en visite dans l’usine Bic de Montévrain (Seine-et-Marne), le premier ministre Jean Castex a exhorté les entreprises à « conclure massivement, et très vite, d’ici au 1er novembre, des accords d’activité partielle de longue durée ». Car protéger un maximum d’emplois est l’objectif « premier » du plan de relance français de 100 milliards d’euros, a-t-il insisté.

Outre-Rhin, les plans sociaux ont déjà commencé dans l’automobile. Le 9 septembre, le sous-traitant Schaeffler a annoncé la suppression de 4 400 postes, tandis que Continental envisage d’en sacrifier 30 000 dans le monde, dont la moitié en Allemagne. En Espagne, ce sont les hôteliers qui ont manifesté à Madrid, le 9 septembre, pour appeler le gouvernement à l’aide. D’après eux, 400 000 jobs sont déjà partis en fumée dans le secteur…

France, Allemagne, Espagne, mais aussi Royaume-Uni, Grèce, Suède : en cette rentrée, alors que les contaminations au Covid-19 repartent, les inquiétudes se concentrent autour de l’emploi, partout en Europe. Pour l’instant, les mesures d’urgence déployées par les gouvernements ont limité l’ampleur des banqueroutes et des licenciements.

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« Mais ils pourraient exploser lorsque les aides seront levées, si la reprise n’accélère pas d’ici là, en particulier dans les secteurs les plus exposés – tourisme, aéronautique, automobile », redoute Eric Dor, économiste à l’Ieseg School of Management.

« Même avec les aides d’Etat, la crise va probablement déclencher un nombre anormalement élevé de faillites parmi les petites et moyennes entreprises [PME], explique Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international [FMI], dans une analyse sur le coronavirus. Pour de nombreux travailleurs, il sera difficile de trouver un emploi. »

Une reprise inégale

D’après la Banque centrale européenne (BCE), le taux de chômage de la zone euro pourrait en effet grimper de 7,3 % début 2020 à 9,5 % en 2021, avant de retomber à 8,8 % en 2022.

Une moyenne masquant de grandes disparités, selon les régions et les Etats. En Espagne, il culmine déjà à 15,8 %, dont 41,7 % pour les moins de 25 ans, selon Eurostat, et à 17 % en Grèce. En France, les plus de 700 000 emplois détruits en début d’année devraient être progressivement recréés d’ici à 2022, avec un taux de chômage culminant à 11 % début 2021, estime la Banque de France. Mais face aux risques liés à la reprise de la pandémie, un tel scénario, relativement optimiste, reste très incertain.

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