les visites devraient rester possibles dans les Ehpad


Dans un Ehpad de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), le 16 septembre.

C’est un paradoxe de ce nouveau confinement. Les pensionnaires des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont parmi les plus vulnérables mais ils vont échapper à une fermeture totale. « Les visites en maison de retraite seront cette fois autorisées dans le strict respect des règles sanitaires », a indiqué Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre, lors de son allocution.

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Le chef de l’Etat a assorti cette décision d’une sorte de mea culpa : il s’agit d’« éviter les drames humains que nous avons vécus au printemps, où des personnes en fin de vie se retrouvent totalement isolées ».

Le gouvernement tire les leçons du huis clos strict qu’il a imposé aux Ehpad du 11 mars au 20 avril. La fermeture des établissements n’a pas empêché le décès de plus de 15 000 résidents en établissement ou à l’hôpital, du 1er mars au 18 octobre, imputé au Covid-19 sans compter les personnes âgées victimes d’un sentiment d’abandon, car privées de tout contact avec leurs proches.

« Ligne de crête éthique »

De très nombreuses voix se sont levées contre cet « enfermement ». La psychologue Marie de Hennezel dénonce ainsi « des décisions sanitaires, censées protéger le vivant » qui « ont généré de l’inhumanité et de l’indignité. Elles ont été mortifères », dit-elle dans L’Adieu interdit (Plon, 150 pages, 16 euros).

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Les employeurs des Ehpad ont également milité contre un nouveau confinement. Mercredi, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (ADPA) a salué la volonté du chef de l’Etat d’« éviter un confinement excessif des personnes âgées, notamment celles vivant en établissement, car cela ne serait ni possible d’un point de vue éthique ni efficace d’un point de vue pratique ».

« Nous voulons rester sur cette ligne de crête éthique qui préserve le droit des personnes à garder le lien social avec leur famille », rappelait Brigitte Bourguignon, en visite dans un Ehpad à Bobigny, mardi. La ministre déléguée à l’autonomie a plaidé au sein du gouvernement pour une stratégie « graduée, proportionnée » aux situations.

Emmanuel Macron a pris également cette décision parce que la situation n’a pas – encore – atteint un seuil critique. Au début de la première vague de l’épidémie, le manque de matériel de protection et la sous-médicalisation des Ehpad avaient été fatals. Même si Santé publique France recensait, mardi, 649 clusters en Ehpad, la courbe des décès est loin d’être, pour l’instant, aussi alarmante qu’au printemps.

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