les scandales liés à la vaccination se multiplient en Amérique du sud


Des agents de santé à Cantagallo, au Chili, le 19 février, lors de la campagne de vaccination du Covid-19.

« C’est le cœur lourd que je lui ai demandé sa démission, mais ce qu’il a fait est impardonnable » : c’est en ces termes que le président argentin Alberto Fernandez a justifié, auprès du quotidien de gauche Pagina 12, sa décision de limoger son ministre de la santé. Ginés Gonzalez García a quitté son poste vendredi 19 février, conséquence inéluctable du scandale dit des « vaccinations VIP », qui révolte l’opinion publique.

Tout est parti, le même jour, d’une interview, sur la radio El Destape, du journaliste Horacio Verbitsky (79 ans) : « J’ai décidé de me faire vacciner. J’ai cherché où je pouvais le faire, et j’ai appelé mon vieil ami Ginés Gonzalez García qui m’a dit que je devais aller à l’hôpital Posadas [en banlieue de Buenos Aires] (…). Alors que j’étais sur le point de m’y rendre, j’ai reçu un message du secrétaire de Ginés disant qu’une équipe du Posadas allait venir au ministère et que je pouvais me faire vacciner là-bas. »

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La confession a fait l’effet d’un coup de tonnerre. « Ma voisine de 75 ans n’arrive même pas à prendre un rendez-vous, et Ginés répartit des vaccins sur demande », s’indigne un jeune Argentin sur Twitter. Dans les heures qui suivent, les journaux révèlent que d’autres proches du gouvernement péroniste se seraient fait inoculer une première dose de Spoutnik V − le vaccin russe choisi en priorité par l’Argentine − sans attendre leur tour : le syndicaliste Hugo Moyano, son épouse et l’un de ses fils, ou encore le maire, de 38 ans, d’une ville du sud du pays et son chauffeur…

Nommée en remplacement de M. Gonzalez García, la nouvelle ministre Carla Vizzotti, infectiologue de formation, a affirmé qu’il s’agissait là d’une situation « exceptionnelle et déplorable » et a réfuté l’existence d’un « centre de vaccination VIP » au sein du ministère. Mais alors que la campagne de vaccination avance à un rythme très modéré dans le pays (au 21 février, moins de 460 000 personnes, sur 45 millions d’habitants, avaient reçu une première dose), l’affaire porte un sérieux coup à la crédibilité du gouvernement.

« Vacunagate » au Pérou

Sur le sous-continent, le Pérou est secoué par un scandale plus grave encore : le « vacunagate » (« vacuna » signifie « vaccin » en espagnol) a coûté leur poste à la ministre de la santé et à celle des affaires étrangères. Toutes deux font partie de quelque 500 personnalités qui ont eu accès de manière non officielle au vaccin contre le Covid-19 dès octobre 2020.

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