les organisations patronales espèrent avoir été entendues


Une commerçante tient une pancarte contestant la fermeture des commerces « non-essentiels » décrêtée pour le deuxième confinement, à Blotzheim (Haut-Rhin), le 31 octobre.

Ils ne veulent pas se réjouir trop tôt. Officiellement, rien n’est encore acté mais les principaux dirigeants patronaux ont bon espoir que l’exécutif autorise rapidement la réouverture des commerces dits « non essentiels ». Si cette hypothèse se confirme, il s’agira d’une première victoire pour les organisations d’employeurs qui, depuis plusieurs semaines, se démènent dans le but d’obtenir un feu vert.

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Elles devraient être fixées mardi 24 novembre, à 20  heures, grâce à l’allocution d’Emmanuel Macron, durant laquelle sera dévoilée une adaptation des règles du confinement. Entre une situation sanitaire qui s’améliore, le renforcement des mesures de protection dans les points de vente et le report de l’opération promotionnelle du « Black Friday », les astres semblent alignés.

« Tant que le président ne l’a pas dit… »

Mais la prudence reste de mise : « Tant que le président de la République ne l’a pas dit… J’ai payé pour voir la dernière fois », soupire le leader d’une organisation d’employeurs. La dernière fois ? C’était le 28 octobre. M. Macron annonçait le deuxième confinement et la fermeture provisoire des petits commerces – entre autres. Ce même responsable patronal pensait pourtant que le lobbying en faveur du maintien de l’activité des magasins avait payé. « On avait l’impression qu’ils nous écoutaient mais en fait non, déplore-t-il. Castex [le premier ministre] et Revel [son directeur de cabinet] estimaient que les dépositaires de l’intérêt général, c’était eux et que nous, nous n’étions là que pour faire plus de profits. Ils étaient complètement dans le déni : ils ne voyaient pas qu’ils touchaient au patrimoine des gens. »

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Très vite, les organisations professionnelles ont répercuté auprès de l’exécutif le mécontentement qui s’exprimait sur le terrain. « Quand vous voyez que l’accompagnement financier mis en place par le gouvernement ne va pas vous sortir de l’ornière, vous sentez monter le désespoir, donc la colère, souligne François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). La grande majorité d’entre eux sont des non-salariés. S’il n’y a pas de recettes, il n’y a pas de revenus. Comme ils n’ont pas le droit au chômage, ils n’ont rien. »

Pour mettre en exergue les dégâts du coup d’arrêt infligé à des milliers de petits patrons, Laurent Munerot, à la tête de l’Union des entreprises de proximité (U2P), explique avoir « renforcé » la communication de son organisation, avec une campagne nationale qui invite l’ensemble de ses collègues à placarder une affiche intitulée « Fermer tue » sur leur vitrine. « Ça peut paraître un peu “trash” », admet-il, mais le slogan vise à frapper les esprits : certains sont « au bout du rouleau » et se disent que « ça ne vaut plus le coup de continuer ».

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