Les hôpitaux et cliniques privés « prêts à franchir un palier supplémentaire »


Des pompiers patientent à l'accueil des urgences des patients couchés, à l’hôpital Pasteur 2, à Nice, le 26 février 2021.

Alors que l’épidémie de Covid-19 continue de progresser et au vu de la saturation des hôpitaux publics dans les territoires les plus touchés, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) donne à nouveau de la voix. « Le SAMU, les pompiers, les hôpitaux saturés ne doivent pas hésiter à nous envoyer des patients, il faut qu’on retrouve les réflexes de la première vague, les bonnes habitudes se perdent », constate Lamine Gharbi, son président.

Dans les régions où le regain épidémique est le plus fort, la prise en charge des malades par le privé se monte à l’heure actuelle entre 20 % et 25 %, d’après la FHP, qui compte plus d’un millier d’hôpitaux et cliniques répartis sur tout le territoire, pour près de 3 000 lits de soins continus et 2 000 de réanimation. « Et en cas de nouvelle accélération de l’épidémie, nous pourrions doubler cette capacité pour monter à 4 000 lits de réanimation », assure Lamine Gharbi.

Contrairement à la première vague, la gestion de l’épidémie est désormais beaucoup plus territorialisée. Il n’est plus question de déprogrammer massivement de façon uniforme, mais d’y recourir au cas par cas dans les régions sous forte tension, comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), où ce taux oscille autour des 40 %. Dans cette région, un quart des patients Covid-19 en soins critiques sont actuellement pris en charge dans des structures privées, précise l’agence régionale de santé (ARS).

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« Par rapport aux deux premières vagues, on doit absolument faire coexister les deux flux Covid et non-Covid. Ce qu’on attend aujourd’hui, c’est que les établissements privés puissent nous soutenir dans l’armement de lits intermédiaires [qui font le tampon entre les lits de salle conventionnelle et ceux de soins intensifs/réanimation], car cela protège les capacités en réanimation et les activités hors Covid », insiste Charles Guépratte, directeur général du CHU de Nice. Si le niveau de déprogrammation devait être augmenté dans les prochaines semaines afin de libérer des lits supplémentaires, « il sera évidemment demandé aux personnels soignants et médicaux des structures privées de venir armer les unités de soins critiques complémentaires ouvertes dans les structures publiques et privées concernées », précise l’ARS PACA.

« Stratégie de petits pas »

En Ile-de-France – où le taux de déprogrammation moyen est actuellement de 8 % –, 16 % des patients Covid sont hospitalisés dans le privé, indique l’ARS, aussi bien en hospitalisation conventionnelle qu’en soins critiques. « Il faut que les cliniques prennent leur part », disait Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, au Monde fin février. Dans le cas où la situation sanitaire viendrait encore à s’aggraver à court terme, en particulier en soins critiques, où la plupart des hôpitaux publics sont proches de la saturation, le privé pourrait prendre en charge jusqu’à « 25 % à 30 % des patients hospitalisés en réanimation comme nous l’avions fait pendant la première vague », assure Lamine Gharbi.

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