Les galeries d’art, refuges des esthètes durant la pandémie


Des visiteurs attendent devant La Galerie de l’instant, dans le 3e arrondissement de Paris, le 6 février.

« Il y a des visiteurs tous les jours, mais le samedi c’est impressionnant. Certains font la queue sur le trottoir pendant deux heures sans même savoir s’ils finiront par entrer », s’étonne Giusy Ragosa, directrice de la Galleria Continua.

Depuis son ouverture, en janvier 2021, cette labyrinthique galerie d’art-épicerie de la rue du Temple, à Paris, ne désemplit pas. Chaque week-end, on s’y presse pour découvrir des œuvres de Kader Attia, Kiki Smith, Anish Kapoor ou encore JR, curateur de la première exposition. Pointue mais ludique, la sélection séduit un public particulièrement jeune. Du haut de ses 35 ans, Jean-François, consultant en gestion d’information, est d’ailleurs l’un des visiteurs les plus âgés du jour. « Je suis très attentif à ce qu’il se passe dans les galeries en ce moment et, lorsque j’ai appris que JR exposait ici, j’ai saisi l’occasion de découvrir Continua. »

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Même constat à deux pas de là chez Eric Dupont ou encore chez Perrotin, rue de Turenne, où la moyenne d’âge des visiteurs ne semble pas dépasser les 25 ans. Lola et Marie-Eve, respectivement 18 et 19 ans, sont étudiantes en classe préparatoire d’art. Elles observent avec curiosité les étonnantes peintures tridimensionnelles de Jens Fänge. « Avant la pandémie, je n’allais que dans les musées. C’est la première fois que je franchis la porte d’une galerie », confie timidement la cadette du binôme.

Une bouffée d’air frais

Classées comme commerces et donc autorisées à ouvrir, contrairement aux musées et centres d’art, les galeries d’art sont devenues, depuis la pandémie, des îlots de culture « en présentiel ». Celles du quartier du Marais sont prises d’assaut chaque week-end par les amoureux des musées désirant étancher leur soif d’art.

Et, malgré leur réputation élitiste, les galeries parisiennes ont de sérieux atouts pour séduire ce jeune public. Nombreuses, gratuites et fréquemment accessibles sans réservation, elles permettent en outre de découvrir des artistes peu médiatisés ou n’ayant jamais bénéficié d’une exposition monographique muséale. « Je n’ai pas de style de prédilection, et j’aime découvrir des expositions à l’improviste, poursuit Lola. Le quartier est vraiment idéal en cela. »

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Pour les jeunes connaisseurs ou profanes curieux, c’est une bouffée d’air frais après les multiples reports et annulations d’événements culturels depuis un an. « Quel plaisir de sortir à nouveau de chez soi pour voir des œuvres ! », se réjouit Anna, élève avocate parisienne de 24 ans. Avec son amie Laura, 25 ans, étudiante en régie des œuvres, elle a déjà prévu de visiter la galerie Marian Goodman en mars. « Ce sont les seuls lieux culturels ouverts en ce moment, profitons-en tant que c’est possible ! », dit-elle avec enthousiasme.

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