Les écoles échappent au reconfinement, les universités basculent dans l’enseignement en ligne


A l’école européenne de Strasbourg, le 1er septembre.

Dans de nombreux secteurs, le second confinement annoncé le 28 octobre par le président de la République ressemblera au premier. Mais pas dans les écoles, collèges et lycées, qui « resteront ouverts », a précisé Emmanuel Macron, « avec un protocole sanitaire renforcé ». L’enseignement supérieur, lui, doit basculer entièrement dans l’enseignement en ligne. Les universités avaient déjà réduit la présence des étudiants de 50 % dans les zones de forte circulation du virus, depuis le 6 octobre.

Alors que le pays s’apprête à se barricader, l’institution scolaire vit donc l’exact inverse de ce qui s’était produit au mois de mars, lorsque les établissements scolaires avaient été les premiers à fermer : elle devient la seule exception.

Au printemps, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait fait part à de multiples reprises de son inquiétude sur les conséquences du confinement pour les enfants. Des craintes réitérées au lendemain des annonces, jeudi 29 octobre, sur France 2 : Jean-Michel Blanquer a réaffirmé qu’il voulait « éviter le décrochage scolaire » induit par les fermetures d’établissements. Dans les négociations en cours depuis plusieurs jours, l’éducation nationale a donc tenu bon, face à la menace d’un reconfinement au moins partiel – ou d’une fermeture des lycées, solution un temps pressentie pour limiter la circulation du virus, en permettant aux parents de jeunes enfants de continuer à travailler.

« Non-brassage des élèves »

Dans les rangs des enseignants, découvrir que les établissements du second degré ne ferment pas est donc d’abord une « surprise », voire un « soulagement », selon les mots de certains, qui voient chaque jour les conséquences du confinement de mars sur le creusement des inégalités scolaires. « Nous avons déjà bien du mal à faire raccrocher les wagons aux élèves depuis la rentrée, une nouvelle interruption scolaire aurait été catastrophique », observe une enseignante de lycée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

« Il y a un consensus parmi les enseignants sur l’idée que l’école doit rester ouverte, rapporte Guislaine David, du SNUipp-FSU, majoritaire parmi les professeurs des écoles. Mais ils ne veulent pas le faire au prix de leur santé. » C’est là que le bât blesse : l’école continue, alors qu’Emmanuel Macron a eu des mots forts sur la situation sanitaire, concluant que de « contracter ce virus n’est jamais anodin, même lorsqu’on a 20 ans ». « Il y a une forme de double discours, s’inquiète Sophie Venetitay, du SNES-FSU, le syndicat majoritaire dans le second degré. On nous dit à la fois que la situation est grave et que les écoles doivent faire comme si de rien n’était. »

Il vous reste 63.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: