les contours du poste restent flous


Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 17 novembre.

Depuis son arrivée au ministère de l’intérieur, début juillet, Gérald Darmanin a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière l’un des axes forts de sa communication. Dernier exemple en date : l’annonce, dans une interview au Parisien, dimanche 15 novembre, de la création d’un préfet délégué à l’immigration, rattaché au préfet de police de Paris (PP), confirmée le lendemain à l’occasion de la publication du Livre blanc sur la sécurité intérieure.

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Que recèle ce nouveau poste ? Les contours de ces prérogatives sont encore flous. Des arbitrages sont en cours, Place Beauvau, et pourraient s’éterniser : le ministère de l’intérieur table sur un délai de six à douze mois pour finaliser le projet. En interne, le nom de Julien Marion, actuel directeur de la police générale de la PP, revient pour désigner celui qui est pressenti à cette fonction.

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Gérald Darmanin souhaite répondre à un constat ancien et partagé : l’organisation des services en Ile-de-France n’est pas suffisamment efficace, alors que la population immigrée y est surreprésentée. En cause : l’éparpillement des compétences entre une multitude d’autorités – la PP, les préfectures des départements, la préfecture de région, la police aux frontières (PAF) –, dont les missions se superposent souvent et s’imbriquent mal les unes dans les autres.

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L’objectif d’un préfet spécifique, « c’est une animation et un pilotage renforcés en Ile-de-France », résume une source proche du dossier. Le préfet délégué aura l’avantage d’être « une autorité unique pour incarner cette politique publique, qu’il s’agisse de l’enregistrement de la demande d’asile, de la lutte contre l’immigration irrégulière ou de la délivrance des titres de séjour », poursuit cette même source.

« Aucun gain opérationnel »

Dans sa mise en œuvre, l’objectif initial se heurte néanmoins aux puissantes querelles de chapelles entre les différentes administrations mobilisées, soucieuses de conserver leur pré carré. « Pour faire passer la pilule, des garanties ont été données aux préfets de département pour qu’ils gardent la main », avance Frédéric Guillo, secrétaire général de la CGT à la PP. « Il n’y aura pas de transfert de compétences », confirme la source proche du dossier.

Quant au rattachement d’équipes de la police aux frontières à ce préfet, il ne serait pas encore arbitré, d’après nos informations. Dépendant de la direction générale de la police nationale, la PAF intervient dans les aéroports, exécute les mesures d’éloignement et gère les centres de rétention administrative de la grande couronne.

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