« Les Calédoniens ont le droit de savoir pour quoi ils votent »


Le ministre des outre-mer, Sebastien Lecornu, dans son bureau, à Paris, mardi 6 avril.

Dans un entretien accordé au Monde et aux Nouvelles calédoniennes, le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, annonce que les principaux responsables politiques calédoniens vont être invités à Paris, du 25 mai au 3 juin, pour préparer l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie en vue de la sortie de l’accord de Nouméa.

Depuis le 4 avril, un tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie peuvent demander la tenue d’un troisième référendum sur l’indépendance du territoire, comme le prévoit l’accord de Nouméa du 5 mai 1998. Comment envisagez-vous cette perspective ?

L’Etat est signataire et partenaire de l’accord de Nouméa. Il tiendra parole en fonction de ce que demandera le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Cette date symbolique du 4 avril arrive dans un moment singulier. Moment singulier parce que nous sortons progressivement du confinement, mesure nécessaire pour protéger le Caillou, qui en avait été épargné, de l’épidémie de Covid-19. Moment singulier aussi, à ce stade, avec l’exercice d’un gouvernement provisoire. D’ailleurs, je tiens à rendre hommage au gouvernement de Thierry Santa, qui dirige les affaires de la Nouvelle-Calédonie pendant cette période avec constance et engagement. Enfin, moment singulier parce que nous sortons d’une longue période de troubles sur le terrain du nickel.

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Il ne faut pas être tétanisé par cette date du 4 avril. Au contraire, il faut avancer. Je l’ai toujours dit : nous arrivons à la fin de cet accord, quelle qu’en soit l’issue. C’est pour cela que, avec le président de la République et le premier ministre, nous estimons que le moment est venu de nous retrouver, comme nous nous étions retrouvés en octobre 2020 lors de mon déplacement sur le territoire, pour approfondir nos derniers échanges et discuter de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Ainsi, le premier ministre, au nom du gouvernement, a adressé une invitation pour que les différents acteurs politiques calédoniens se retrouvent à Paris.

Sous quel format ?

Nous leur avons proposé de venir à Paris du 25 mai au 3 juin, une plage durant laquelle le gouvernement se rendra disponible. Ce sera le moment de parler de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Cela passera aussi par une séquence avec le président de la République, qui rencontrera les délégations calédoniennes. Cette invitation s’adresse bien sûr d’abord à nos interlocuteurs du « format Leprédour », qui sont connus [cinq dirigeants loyalistes et cinq responsables indépendantistes avec lesquels le dialogue avait été engagé en octobre 2020]. Des questions inédites sont devant nous.

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