l’enseignement catholique au défi de la crise sanitaire


A l’école primaire privée Sainte-Geneviève, à Paris, le 12 mai 2020.

Huit mille élèves de perdus. Rapportés aux 2,1 millions scolarisés dans l’enseignement privé catholique sous contrat avec l’Etat, est-ce problématique ? Au SGEC, le secrétariat général qui chapeaute les 7 400 écoles, collèges et lycées sous contrat avec l’Etat, on prend cette baisse des effectifs très au sérieux.

« Cela fait trois rentrées scolaires successives [2018, 2019 et 2020] que nous perdons des élèves au primaire, mais, jusqu’à présent, la tendance dans le premier degré était compensée par une hausse des inscriptions dans les collèges et les lycées », a expliqué, jeudi 24 septembre, Yann Diraison, secrétaire général adjoint du SGEC, lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Pour la première fois en cette rentrée particulière, le solde net est négatif. La baisse démographique [liée à la diminution des naissances depuis 2010] ne peut pas en être la seule cause. »

La crise sanitaire est passée par là, et, avec elle, des « désistements de dernière minute » auxquels l’enseignement catholique ne s’attendait pas. « Un peu partout, des chefs d’établissement nous ont fait part de reports d’inscription ou de désinscriptions annoncés par les familles durant l’été », a expliqué jeudi le secrétaire général du SGEC, Philippe Delorme.

Les premières remontées, relayées par les directeurs diocésains (l’équivalent des rectorats dans l’enseignement public), sont venues du Centre, du Morbihan et de la Bourgogne, avant de s’étendre au reste du territoire. « On a vu se désister des familles que l’on savait en difficulté financière, mais d’autres, aussi, qui gagnaient bien leur vie jusqu’à présent, des artisans, des commerçants, des restaurateurs qui ont peur de l’avenir. »

« Incertitudes économiques »

Autant de familles qui, face aux « incertitudes économiques liées à la crise sanitaire », préfèrent reculer d’un an leur inscription dans le privé, et s’épargner d’autant les frais de scolarité, très variables d’un établissement à l’autre. Ou renoncer à y faire entrer leur enfant en maternelle pour patienter jusqu’au CP. Parmi les autres explications évoquées : la perspective de potentiels nouveaux confinements scolaires qui rendraient moins « évidents » les avantages attribués, par certains, à l’enseignement catholique – dans l’encadrement, l’aide aux devoirs, le remplacement des enseignants absents…

A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, l’enseignement catholique a rappelé son souhait d’être associé à la politique d’éducation prioritaire en cours de refonte

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