L’école au défi de « préparer septembre »


A l’école élémentaire Jules Julien de Toulouse le 22 juin.

Des trois mois de confinement qu’elle a traversés, la communauté éducative tire un premier enseignement : parce que la donne sanitaire reste instable, la prochaine rentrée des classes mérite, autant que faire ce peut, d’être anticipée. « Préparer septembre » : c’est ce que réclament, unanimement, les syndicats d’enseignants, en vue d’accueillir au mieux 12 millions d’élèves – dont au moins 20 000 supplémentaires dans le secondaire – et lutter contre des écarts scolaires qui se sont creusés pendant la crise sanitaire.

Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, le dit autrement : « On est condamné à réussir le retour en classe car le rôle de l’école dans la réduction des inégalités a été démontré durant le confinement. » Quels sont les enjeux de cette rentrée inédite ? Quelles en sont encore les inconnues ? En attendant le cadrage ministériel en juillet, Le Monde revient sur quelques-uns des défis à relever en septembre.

Les plus optimistes des enseignants veulent croire en un « retour à la normale ». D’autres, nombreux, envisagent déjà un rebond épidémique et une année ponctuée de confinements locaux et/ou temporaires. Alors que la reprise des cours durant les deux dernières semaines de juin s’est affranchie (ou presque) du strict protocole sanitaire en vigueur depuis la mi-mai, rares sont les professeurs à imaginer revivre un confinement généralisé. Une « catastrophe éducative mondiale », selon les mots de leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, interrogé sur France Inter le 22 juin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Nous étions perdus, les élèves aussi » : des enseignants racontent trois mois d’école à distance

Voilà pour le constat. Reste au ministre de l’éducation à détailler ce que seront les priorités de l’année scolaire 2020-2021, dans une « circulaire de rentrée », d’ordinaire déjà connue à cette date mais qui tarde à être diffusée. Elle le sera après un « cadrage » du Haut Conseil de la santé publique attendu le 7 ou le 8 juillet, explique-t-on au ministère de l’éducation. Y ont été conviés, mi-juin, les syndicats d’enseignants, pour discuter des scénarios sanitaires. « Il y en a trois, rapporte Stéphane Crochet du SE-UNSA. Le premier qui fait le pari d’un retour à la normale en septembre, le deuxième qui, un peu comme aujourd’hui, se base sur une circulation toujours active du virus, le troisième, enfin, qui prévoit une dégradation de la situation. »

Trois pistes que voient aussi se dessiner sur le terrain les enseignants, sans trop savoir comment les aborder. « On ne peut pas se projeter, témoigne Virginie Akliouat, directrice d’une école à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). On a pourtant conservé nos réunions d’équipe tous les vendredis, explique cette porte-parole du SNUipp-FSU, mais il nous est impossible de voir plus loin que la semaine d’après. »

Il vous reste 79.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: