Le volcan sous-marin près de Mayotte est toujours actif


Évolutions morphologiques dans la zone du volcan enregistrées en mai 2020.

L’éruption au large de l’île de Mayotte ne s’est pas interrompue pendant la crise due au coronavirus… C’est ce qu’ont observé les scientifiques au cours d’une double campagne organisée dans des conditions inédites, en plein confinement. Celle-ci avait pour but d’aller examiner le volcan sous-marin mis au jour l’année dernière à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’archipel et de déployer en mer des instruments chargés de le surveiller. Conclusion des chercheurs : s’il est moins actif, le site a connu d’importantes modifications depuis la dernière fois où il fut observé, en août 2019. Une coulée de lave supplémentaire est apparue. La morphologie des fonds sous-marins a par conséquent été modifiée, avec l’émergence d’une nouvelle structure de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Et, dans la zone côtière, le nombre de panaches a augmenté.

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Le lancement de cette campagne aura été un véritable casse-tête. Celle-ci devait se dérouler, fin avril, à bord du Marion-Dufresne. Mais, le navire des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ayant repoussé la date de son opération de ravitaillement des archipels Crozet et Kerguelen et des îles Saint-Paul et Amsterdam en raison des nouveaux protocoles sanitaires à respecter depuis le début du confinement, ses organisateurs ont dû rechercher à la hâte un autre bâtiment. Et cela au moment même où, du fait de la pandémie, ordre avait été donné à l’ensemble de la flotte océanographique française de rallier ses ports d’attache et d’y demeurer à quai. La solution finalement trouvée a consisté à faire appel à deux bateaux : le Champlain de la marine nationale, basé à La Réunion, et le Gauss, de la société Fugro qui, parti d’Egypte quinze jours auparavant et sans malade à bord, faisait route vers l’Afrique du Sud.

Un phénomène inédit

Il faut dire que les scientifiques ne pouvaient se payer le luxe d’attendre, sous peine de compromettre la mission qu’ils se sont vu confier par l’Etat dans le département de Mayotte. Depuis le mois de mai 2018, ce dernier connaît un phénomène inédit : une succession ininterrompue de plus de 2000 tremblements de terre, dont les 35 plus importants, d’une magnitude supérieure à 5, ont inquiété la population. A cela s’ajoute un déplacement de l’archipel qui, en l’espace de deux ans, a migré de 20 à 23 cm vers l’est et s’est affaissé de 9 à 17 cm.

Cette éruption est « l’une des rares à avoir été observées dans le milieu sous-marin »

L’explication ? Le début d’une formidable éruption volcanique. Celle-ci a abouti à la formation, par 3 500 mètres de fond, au large de l’île, d’un volcan dont l’existence ne fut découverte qu’en mai 2019. Il mesure 800 mètres de hauteur, n’existait pas un an auparavant et aurait déjà produit plus de 5 km3 de magma, ce qui ferait de cette éruption la plus forte de type basaltique survenue dans le monde depuis celle du Laki, en Islande, en 1783-1784. Mais aussi, précise Nathalie Feuillet, de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), « l’une des rares à avoir été observées dans le milieu sous-marin ».

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