le traitement à base de rifapentine enfin accessible à tous ?


Après plusieurs mois de bras de fer, la firme pharmaceutique Sanofi a fini par céder. Le motif de la discorde ? L’accès des pays les plus pauvres aux nouveaux traitements contre la tuberculose latente, associant deux molécules connues depuis des décennies, la rifapentine et l’isoniazide, association classée parmi les médicaments essentiels par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Seul détenteur de ces molécules, Sanofi avait en effet déposé, depuis la première commercialisation du produit, en 2014, des demandes de brevets dans des dizaines de pays, ce qui lui permettait d’être en position de force pour en négocier le prix. Avec, pour justification, des améliorations apportées à la formulation du médicament. Un procédé inacceptable pour les personnes qui militent en faveur de l’accès aux traitements, qui dénonçaient des demandes abusives, caractéristiques du dysfonctionnement du système des brevets.

« Si on peut breveter pour vingt ans deux molécules contre la tuberculose qui sont très anciennes et dont l’efficacité de la combinaison a été prouvée grâce à de l’argent public, cela veut dire que le système des brevets est profondément dysfonctionnel », s’indigne Pauline Londeix, cofondatrice de l’Observatoire pour la transparence du médicament. « Je pense que cette nouvelle lutte pour l’accès à la rifapentine est emblématique de la situation des médicaments contre la tuberculose. L’essentiel de la recherche clinique a été financé par des agences publiques américaines, les Centers for Disease Control [CDC] et les National Institutes of Health [NIH], complète Mike Frick, codirecteur du projet tuberculose de l’association new-yorkaise Treatment Action Group (TAG). Sanofi a participé aux essais cliniques en finançant une partie de la recherche, en fournissant le médicament pour les études et par une participation scientifique, mais l’essentiel de cette recherche a été mené par un pôle public et le produit qui en résulte est privatisé et détenu par une organisation dont le modèle est fondé sur le profit. »

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D’où la mobilisation internationale pour dénoncer le caractère infondé des dépôts de brevets par Sanofi. En décembre 2019, la firme avait retiré ses demandes auprès de l’Office européen des brevets et du gouvernement indonésien, puis en Inde en avril 2020, après les contestations légales déposées par les militants. Ce qui ne l’avait pas empêchée d’obtenir leur approbation dans plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, la Chine et l’Australie, et de maintenir ses demandes dans des dizaines d’autres, dont le Brésil, le Mexique, la Thaïlande et le Nigeria.

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