Le télescope géant d’Arecibo s’est effondré


Le téléscope géant d’Arecibo après son effondrement, à Porto Rico, le 1er décembre 2020.

C’était l’un des télescopes les plus célèbres de la planète. Sur l’île américaine de Porto Rico, le radiotélescope d’Arecibo, utilisé par les astronomes du monde entier et qui avait permis de découvrir les premières planètes en orbite autour d’une autre étoile que le Soleil, s’est effondré mardi 1er décembre après cinquante-sept ans de service. « La plate-forme s’est écroulée de manière non planifiée », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Robert James Margetta, porte-parole de la Fondation nationale des sciences, l’agence américaine qui finance l’observatoire.

Deux des câbles soutenant les 900 tonnes d’instruments du télescope sur une plate-forme au-dessus de la parabole de 305 mètres de diamètre avaient rompu le 10 août et le 6 novembre, pour une cause inconnue. La chute des câbles avait troué la parabole.

Le télescope avait ensuite été jugé trop instable et non réparable. L’institution avait pris la décision de démolir la structure. Les accès étaient interdits depuis, en raison de la crainte d’un effondrement soudain, ce qui s’est finalement produit peu avant 8 heures (heure locale) mardi.

« Un désastre absolu »

« C’est un désastre absolu », a réagi, ému, le professeur Abel Méndez, directeur du laboratoire habitabilité planétaire de l’université de Porto Rico, auprès de l’AFP. « Nombre d’étudiants se formaient à l’astronomie dans l’observatoire, c’est ce qui leur donne l’inspiration de faire une carrière en sciences ou en astronomie, comme moi », a-t-il ajouté.

Tous les astronomes de la planète pouvaient demander une portion de temps du radiotélescope pour faire leurs observations, à distance. « Même de Chine », a précisé Abel Méndez.

Contrairement aux télescopes optiques, les radiotélescopes fonctionnent jour et nuit, même par temps couvert.

Celui d’Arecibo était aussi l’un des principaux radars pour observer les astéroïdes s’approchant de la Terre dans le cadre du programme de défense planétaire de la NASA. L’agence spatiale américaine a accès à au moins un autre radar, mais moins puissant.

« Contact » et « GoldenEye »

C’est aussi un triste symbole de la dégradation de la situation sur le territoire américain, durement frappé ces dernières années par des ouragans et dont les infrastructures tardent à être reconstruites. Même si on ignore à ce stade la cause de la rupture des câbles. « La perte d’Arecibo est une grande perte pour le monde, mais encore plus pour Porto Rico. C’est une icône de notre île », s’est lamenté Abel Méndez.

Ce radiotélescope était l’un des plus grands du monde ; mythique, il était le lieu du film Contact, dans lequel une astronome jouée par Jodie Foster utilisait l’observatoire dans sa quête de signaux extraterrestres. Une scène d’action du film GoldenEye s’était également déroulée au-dessus du télescope.

En 1992, c’est grâce à lui que les premières exoplanètes, hors du Système solaire, avaient été découvertes. Les premières cartes de la surface de Vénus ont été réalisées grâce à lui.

Les astronomes savaient depuis plusieurs semaines que la liste des découvertes d’Arecibo ne s’allongerait plus. Beaucoup partageaient leur tristesse, mardi, sur Twitter.

Le Monde avec AFP





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