Le sort tragique de deux fillettes choque la Chine


Une petite fille nettoie le tableau de sa classe à Shanghai en 2017.

LETTRE DE PÉKIN

Miao Kexin avait 10 ans. Elève en CM1 à Changzhou, une ville située au nord-ouest de Shanghaï, elle a grimpé sur le toit de son école, le 4 juin en milieu d’après-midi, et a sauté. Les secours n’ont rien pu faire. Très vite, les parents de cette bonne élève ont dénoncé sa professeure de littérature chinoise, dont le nom n’a pas été rendu public mais que l’on surnomme Mme Yuan.

Peu de temps auparavant, Kexin avait dû commenter un passage de La Pérégrination vers l’Ouest, un des quatre grands classiques de la littérature chinoise, publié à la fin du XVIe siècle. « Il ne faut pas se fier aux apparences. Dans la société actuelle, des gens apparaissent bienveillants mais au fond de leur cœur, ils sont sombres. Ils profitent de tous les moyens méprisables et vulgaires pour atteindre leurs objectifs », avait commenté l’élève. Au grand dam de Mme Yuan qui, d’un rouge rageur, écrit : « Il faut faire preuve d’énergie positive. »

Gens malveillants

Enquêtant sur l’affaire, la chaîne de télévision Phoenix révèle que Mme Yuan, depuis des années, gifle ses élèves, leur propose des cours privés – que les parents de Kexin n’ont pas acceptés – et ne dédaigne pas les « enveloppes rouges » (pleines d’argent). La mère de Kexin dit que sa fille a été extrêmement choquée par les commentaires de sa professeure qui, de plus, aurait déchiré en public deux pages de sa composition.

Plus de 300 millions d’internautes se sont intéressés à ce drame. L’immense majorité dénonce le comportement de l’enseignante. Un professeur – dont on ne connaît pas le nom et qui a choisi une photo de Humphrey Bogart et Lauren Bacall pour se présenter – juge le devoir de Kexin « excellent » et estime qu’« il faut complimenter les enfants pour leur donner l’envie d’écrire ». « Il faut que cette affaire nous fasse réfléchir sur l’éducation de nos enfants », écrit un autre. « Il manque des cours sur la valeur de la vie », juge un troisième. « Ne parler que de choses positives, c’est faire croire aux enfants que le monde est bienveillant. Les enfants n’auront pas la capacité de réagir quand ils rencontreront des gens malveillants », explique un internaute.

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Un deuxième drame donne en ce moment tout son sens à cette dernière remarque. Fin juin 2019, à Shanghaï, Mme Zhou Yanfen propose à une amie, Mme Wang, d’emmener ses deux petites filles, âgées de 9 et 12 ans, à Disneyland. En fait de parc d’attraction, elle conduit les deux fillettes dans un hôtel où elle les livre à un homme : Wang Zhenhua.

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