Le président afghan s’oppose à une paix imposée par les Etats-Unis


Le président afghan, Ashraf Ghani, le 23 février à Kaboul (photo transmise par le palais présidentiel).

C’est un baroud d’honneur face à ce qu’il considère être un diktat américain sur l’avenir de son pays. Le président afghan, Ashraf Ghani, a rendu public, mercredi 7 avril, les détails du plan de paix alternatif qu’il entend opposer, mi-avril, aux propositions de Washington lors d’une rencontre prévue en Turquie, en présence des talibans.

Ce projet doit, dit-il, garantir que « seul le peuple afghan déterminera son futur chef. Personne ne peut désigner le futur chef de l’Afghanistan de l’extérieur, c’est notre droit, le principe de notre Constitution et le désir de notre nation ». Entre stratégie personnelle de survie politique et coup de pied de l’âne d’un exécutif que les Américains jugent responsable d’un dialogue de paix au point mort, c’est un obstacle de plus qui s’érige face au départ définitif des troupes américaines.

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Cette nouvelle offre de paix intervient, en effet, alors que les Etats-Unis ont déjà soumis, début avril, aux belligérants afghans un plan de sortie de crise qui, sur le fond et la forme, avait sonné comme un camouflet pour le régime de Kaboul. Dans un style comminatoire, laissant entendre que cette guerre sans fin était en partie imputable à M. Ghani lui-même, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dictait au chef de l’Etat afghan la marche à suivre pour les prochains mois. Il fixait, en particulier, l’obligation de former un gouvernement intérimaire associant le régime de Kaboul et les talibans.

Retrait difficile au 1er mai

Pour sa part, M. Ghani juge inacceptable l’idée d’un gouvernement de transition qui ne soit pas le fruit d’une consultation électorale. « Je n’accepterais qu’une administration élue par le peuple », a-t-il assuré, ajoutant qu’il était prêt à organiser un scrutin présidentiel dans les six mois à venir, tout en précisant qu’il n’y participerait pas.

Les élections interviendraient après « un accord politique avec les talibans et un cessez-le-feu surveillé par d’autres pays ». Ce n’est qu’au terme de cette consultation, à laquelle les talibans seraient invités à se joindre, qu’un « gouvernement de paix » serait formé pour édifier un programme d’unité nationale destiné à remettre le pays sur pied, en l’adossant à une nouvelle Constitution.

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Les talibans, quant à eux, se sont toujours dits opposés à tout type d’élections. L’unique base de discussion, estiment-ils, est le préaccord de paix qu’ils ont signé, le 29 février 2020, à Doha, au Qatar, avec les seuls Américains. Ce texte spécifiait, notamment, que Washington et l’OTAN s’engageaient à retirer la totalité de leurs troupes d’ici au 1er mai 2021, une date qu’il paraît aujourd’hui très difficile de tenir au regard du temps nécessaire pour organiser, sur le terrain logistique, le départ de près de 10 000 hommes et de leur matériel.

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