Le Parc Astérix ferme son delphinarium, à la veille du débat sur la maltraitance animale


Photo prise le 21 juillet 2004 à Plailly, des attractions du Parc Astérix.

Le Parc Astérix a annoncé, lundi 25 janvier, la fermeture de son delphinarium, qui comptait huit dauphins, alors que la proposition de loi contre la maltraitance animale visant à interdire la détention de cétacés doit être débattue à l’Assemblée nationale le lendemain.

Dans un communiqué, le delphinarium du célèbre parc d’attractions situé dans l’Oise, datant de 1989, précise que cette « décision de fermeture repose sur la volonté de se concentrer sur son activité historique de parc d’attractions ».

« Nous y réfléchissons depuis des années. Je dirais même que la décision a été prise depuis trois ans », a affirmé lundi au Parisien le directeur général du parc, Nicolas Kremer. « Le Parc Astérix est avant tout un parc d’attractions, pas un parc animalier, a-t-il poursuivi. Nous souhaitons nous recentrer sur ce qui est notre activité principale. »

Mardi commencera à l’Assemblée nationale l’examen en première lecture de la proposition de loi de lutte contre la maltraitance animale. Ce texte prévoit notamment que la détention et la reproduction des cétacés en captivité soient interdites, tout comme leur participation à des spectacles. En France, trois établissements en possèdent : Parc Astérix, Planète Sauvage, Marineland.

Lire la tribune : « Malgré ses détracteurs, la lutte contre la maltraitance animale sera bientôt de retour à l’Assemblée »

Une réintroduction en milieu naturel « impossible »

Les huit dauphins du Parc Astérix seront « transférés lors du premier trimestre 2021 dans des delphinariums parmi les 27 européens reconnus par les instances scientifiques et gouvernementales, répondant aux meilleurs critères de bien-être animal énoncés par l’Association européenne des zoos et aquariums [EAZA] et respectant les impératifs de l’Association européenne des mammifères aquatiques [EAAM], quant à la juste mixité génétique », a fait savoir le parc détenu par le groupe Compagnie des Alpes.

Il souligne qu’« après études des options et à la lumière de nos nombreux échanges avec les experts scientifiques et les vétérinaires compétents, il est apparu qu’aucun site ou programme de réintroduction ne présentait les garanties requises » pour les dauphins nés en bassin ou y vivant depuis près de trente ans. « Par leur âge, leur origine majoritairement captive et l’éloignement géographique de leurs populations d’origine, ces dauphins ne pouvaient pas être considérés comme des animaux pouvant faire l’objet d’un programme de réintroduction offrant toutes les certitudes quant à leur sécurité », poursuit le Parc Astérix.

Lire notre éditorial : La condition animale, sujet légitime de débat public

Pour Nicolas Kremer, « c’est la solution qui est apparue la meilleure pour leur assurer de bonnes conditions de vie. La réintroduction en milieu naturel est impossible pour ces animaux élevés en captivité. Les sanctuaires marins sont seulement à l’état de projet », a-t-il déclaré au Parisien, précisant que « 50 % des visiteurs » venaient voir le spectacle avec les dauphins.

Vers la fin de la captivité des animaux sauvages

Si la décision du parc Astérix de mettre fin à ses spectacles avec cétacés est saluée par les associations, celles-ci regrettent que l’option d’un transfert vers un sanctuaire marin n’ait pas été davantage étudiée. « Un pas de plus vers la fin de la captivité des cétacés », a salué, sur Twitter, la Fondation Droit animal, tout en estimant que « le transfert vers d’autres delphinariums » n’était « pas satisfaisant ».

En septembre 2020, la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, avait annoncé une série de mesures sur la faune sauvage détenue en captivité : fin progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants et des spectacles avec orques et dauphins et, interdiction, d’ici à cinq ans, des élevages de visons d’Amérique pour leur fourrure. La ministre avait fixé un horizon à deux ans pour la fin de l’activité des quatre orques et sept à dix ans pour les dauphins répartis dans les différents parcs d’attractions français.

Fermé en raison des restrictions liées à l’épidémie de Covid-19, le parc – qui accueille plus de deux millions de visiteurs à l’année – a programmé sa réouverture pour le 3 avril.

Lire la tribune : « Il est faux de penser que les animaux issus de la faune sauvage sont en situation de maltraitance au sein de nos cirques »

Le Monde avec AFP





Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: