« Le laboratoire grenoblois explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes »


Installation co-produite par Coal et le Muséum national d’Histoire naturelle, dans le cadre du projet RAR de Ackroyd & Harvey pour ArtCOP21, en 2015.

Disons que jusqu’à dimanche on se souciait peu du programme culturel des écologistes. Mais ils ont pris Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers, Tours, peut-être Marseille. Comme les villes sont le premier financeur de la création, loin devant l’Etat, les milieux de l’art écoutent, s’échauffent et se posent des questions. Beaucoup de questions. Ils ont souvent la fibre verte dans l’isoloir, mais, pour leur métier, la fébrilité les gagne, estimant, à tort ou à raison, qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner.

Ceux qui s’inquiètent sont les lieux « institutionnels ». Les théâtres, musées, salles de musique et surtout les opéras. Pour une raison simple. Ces bâtiments imposants, souvent plantés au centre-ville, se taillent la part du lion dans un budget culturel municipal. Autour de 80 % si on les met ensemble. Autour de 25 % rien que pour un opéra, qui emploie souvent un orchestre, un corps de ballet, un chœur.

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Ces maires n’entendent pas augmenter leur budget culturel. Autant dire que l’argent pourrait être distribué autrement

Or une petite musique, qui tutoie parfois la novlangue, gagne les écologistes : estimant que les institutions attirent surtout les élites, ils veulent mettre l’accent sur une culture populaire, participative, qui descend dans la rue et se répand dans les quartiers. Encourager la pratique en amateur aussi. Défendre « une culture pour tous », sous-entendu pas celle destinée à une minorité privilégiée.

Si ces maires n’entendent pas réduire leur budget culturel, ils n’entendent pas non plus l’augmenter. Autant dire que l’argent pourrait être distribué autrement. Ainsi à Lyon, dans un entretien à Rue89, le 5 juin, le futur vainqueur, Grégory Doucet, confiait que « la culture sera sanctuarisée, mais doit être mieux partagée ». Il ajoutait que « les décors de l’Opéra coûtent très cher pour un nombre réduit de représentations ». Bref, ça ne sent pas bon pour l’Opéra, d’autant que la future adjointe à la culture, Nathalie Perrin-Gilbert, est proche de la France insoumise et qu’elle a demandé à voir les comptes de l’établissement.

De multiples nuances de vert

Dans la même logique, Grégory Doucet en appelle à des « états généraux des droits culturels », une notion en vogue qui vise à associer les habitants aux décisions et à prendre en compte leurs goûts. Il veut aussi créer des cinémas en plein air, des expositions de rue et un maillage de proximité à partir des Maisons des jeunes et de la culture (MJC), souvent méprisées par les décideurs bien installés.

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