Le journal « L’Equipe » retrouve le chemin des kiosques


Des employés de « L’Equipe » lors d’un rassemblement devant le siège du quotidien, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), près de Paris, le 13 janvier.

Après quatorze jours de non-parution, les amateurs de sport pourront enfin retrouver leur journal favori, samedi 23 janvier. L’intersyndicale de L’Equipe a en effet « suspendu » le mouvement de grève lancé le 8 janvier pour protester contre un plan d’économies voulu par la direction. « Il fallait mettre le mouvement sur pause. Toutefois, les actions continuent, car nous ne sommes pas satisfaits », indique François Magois, du SNJ.

Les représentants du personnel souhaitaient que la direction s’engage à renoncer à tout départ contraint dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui prévoit la suppression d’une cinquantaine de postes, dont 47 de journalistes et 8 d’administratifs. Ce qu’elle n’a finalement pas fait. Cependant, au bout de deux semaines de conflit, les équipes étaient visiblement épuisées et certains, prêts à reprendre le travail. Les syndicats ont donc voulu anticiper.

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Le journal de samedi sortira sous la forme d’une « édition réduite, compte tenu de l’heure tardive d’arrêt de la grève, comme nous l’a précisé le directeur général Jean-Louis Pelé », poursuit le syndicaliste. Le magazine, bouclé mercredi 20 janvier, sera disponible en ligne. « J’accueille avec soulagement la reprise du travail et la sortie de L’Equipe demain », a fait savoir aux journalistes le directeur de la rédaction, Jérôme Cazadieu.

En attendant, « le doute plane toujours » sur la perspective de licenciements secs. Après négociation avec les syndicats, Jean-Louis Pelé a promis de les éviter à trois catégories de personnel particulièrement « exposées » : les maquettistes, les iconographes et les photographes, soit 11 postes sur la totalité du plan. Mais « 19 postes de reporter sont visés par le plan. Et ce n’est pas sûr que les départs volontaires suffisent », note Francis Magois.

Le plus long conflit de l’histoire du titre

Le PSE doit recevoir l’avis consultatif du comité économique et social, le 3 février. La Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) a ensuite vingt et un jours pour le valider. En mars s’ouvrira une période d’un mois de volontariat pour les salariés candidats au départ. La direction a accepté « une clause de revoyure » à l’issue de cette période.

Egalement dans la balance, la création de douze postes pour renforcer le numérique, alors que la société, qui coiffe le quotidien L’Equipe, Vélo Magazine et France Football, l’hebdomadaire qui va devenir un mensuel vendu comme un supplément, emploie 350 personnes.

Pour les partants, la direction a fait passer le montant de l’indemnité de départ de 0,5 à 0,9 mois par année d’ancienneté pour les journalistes ayant plus de quinze ans de maison

Ce plan, qui va coûter 14 millions d’euros (hors journées de grève), doit permettre à la société d’économiser 6 millions d’euros par an. Pour les partants, la direction a fait passer le montant de l’indemnité de départ de 0,5 à 0,9 mois par année d’ancienneté pour les journalistes ayant plus de quinze ans de maison.

Le groupe de presse pourrait ne pas ressortir indemne du plus long conflit de son histoire. « C’est dommage que la direction n’ait pas choisi une sortie par le haut. Là, on va reprendre le travail, mais après quatorze jours de grève, il y a du ressentiment », relève Francis Magois. Interpellée, la famille Amaury, propriétaire du groupe, ne s’est pas montrée pendant la grève. Le 14 janvier, Jean-Etienne Amaury, le fils de Marie-Odile, devenu directeur général du groupe en juin 2020, a écrit aux salariés pour leur dire que la grève était « en complet décalage avec la réalité économique de l’entreprise ».



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