le Haut conseil de la santé publique ouvre timidement la porte des Ehpad


Des résidents d’un Ehpad, à Crépy-en-Valois (Oise), le 13 janvier.

Premiers confinés, le 11 mars 2020, ils ont été aussi été les premiers à être vaccinés à partir de janvier contre le Covid-19. Mais l’espoir d’entrevoir la « lumière au bout du tunnel » qu’on leur a promis au moment de l’injection ressemble pour l’instant à un mirage.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP), dans un avis confidentiel remis le 2 mars à la Direction générale de la santé – que Le Monde s’est procuré –, estime qu’il va falloir attendre « les semaines qui viennent » pour être sûr qu’un « cocon vaccinal » protège les pensionnaires des maisons de retraite et les patients des unités de soins de longue durée à l’hôpital. L’institution, composée de médecins et d’experts, juge qu’il est trop tôt pour « définir » des « stratégies » d’assouplissement des « règles collectives » sanitaires. Le niveau de circulation du virus à proximité des Ehpad peut impliquer « des décisions de ne pas assouplir [ces règles] », note le HCSP, notamment « si l’on se trouve dans une zone avec une forte pression hospitalière ».

Bien que déjà 57 % d’entre eux soient vaccinés et donc théoriquement immunisés et que 80 % devraient l’être en mars, les quelque 600 000 résidents d’Ehpad vont donc devoir endurer encore pendant quelques semaines des privations de liberté plus importantes que le reste de la population, si le gouvernement se fonde sur cet avis. Le ministère de la santé l’a sollicité afin de le guider dans l’assouplissement des règles de vie dans les établissements, rendues plus restrictives fin janvier face à la menace de nouveaux variants.

Ouvertures « graduées » et « progressives »

La ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a montré ces derniers jours une volonté de se laisser du temps avant d’édicter des recommandations. « Il est trop tôt pour tracer le chemin. Nous travaillons à l’allègement des restrictions mais nous devons prendre en compte la situation épidémique qui se détériore et le fait que la campagne vaccinale n’est pas terminée parmi les résidents », a-t-elle confié au Monde.

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L’avis du HSCP incline plutôt à la prudence. « La couverture vaccinale des résidents et surtout des professionnels ne permet pas pour l’instant de recommander la reprise d’une vie sociale sans contrainte d’organisation et d’hygiène spécifique à la situation pandémique actuelle », rappelle-t-il. En clair, résidents, familles et soignants devront porter le masque et respecter les gestes barrière en toutes circonstances, malgré la couverture vaccinale.

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