Le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale


Clémentine Autain, à l’Assemblée nationale, le 15 septembre.

L’une des premières passes d’armes de la rentrée parlementaire s’est jouée autour du débat sur le déploiement du réseau 5G en France. Dans l’Hémicycle, mardi 15 septembre, jour de la reprise des travaux, la députée La France insoumise (LFI) Clémentine Autain a interpellé le secrétaire d’Etat à la transition numérique, Cédric O. Non sans ironie à l’égard des propos tenus la veille par Emmanuel Macron devant un parterre d’entrepreneurs du numérique sur les détracteurs de la 5G, prompts à revenir au « modèle amish » et à la « lampe à huile », elle s’est inquiétée entre autres de l’absence de débat sur la 5G au Parlement.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris, comme si la notion de progrès était une fois pour toutes arrimée au consumérisme et à la sacro-sainte compétitivité », a fustigé la députée de Seine-Saint-Denis. « La France et le gouvernement assument de se préoccuper de la question économique. Il est absurde de répéter, comme vous le faites, qu’on veut réindustrialiser la France mais de prétendre qu’on peut se passer de la 5G », a répondu Cédric O.

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Le président (LRM) de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, Roland Lescure, se dit prêt à débattre sur la 5G. Aux côtés du chef de l’Etat lundi soir, il soutient le choix du « tournant de l’innovation ». « Une dizaine de nos voisins européens ont déjà commencé à déployer la 5G et face au progrès, la France préfère encore une fois freiner », regrette-t-il.

Quid des interrogations environnementales et sanitaires qui s’installent dans l’opinion publique ? Inquiets de possibles effets néfastes de la 5G, une soixantaine d’élus, dont 11 maires de grandes villes, ont signé dimanche une tribune dans Le JDD pour « un moratoire, au moins jusqu’à l’été 2021 ». Roland Lescure assure que le gouvernement prendra le temps de « répondre aux interrogations des Français », alors que les enchères d’attribution des premières fréquences de la 5G débutent le 29 septembre.

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Pour le député de l’Essonne Cédric Villani, qui a quitté le groupe LRM, « le gouvernement ne devrait pas se précipiter sur le sujet de la 5G ». « Nous demandons, avant l’attribution des fréquences, un débat au Parlement et un projet de loi sur la sobriété numérique », indique le mathématicien, qui a déjà mené des missions gouvernementales sur l’intelligence artificielle ou l’informatique quantique. « Nos adversaires veulent faire croire que nous sommes technophobes mais il faut que l’on puisse s’interroger sur la manière dont on doit concilier l’utilisation de la 5G avec une économie d’énergie », précise l’ancien candidat à la Mairie de Paris.

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