Le crime du Carmel Country Club fascine de nouveau l’Argentine


LETTRE DE BUENOS AIRES

« Le crime du Carmel Country Club» sur Netflix.

Qui a tué Maria Marta ? La question est revenue sur toutes les lèvres depuis la sortie, début novembre, du documentaire Le Crime du Carmel (réalisé par Alejandro Hartmann, disponible en France sur Netflix). La série en quatre épisodes revient sur la mort de Maria Marta Garcia Belsunce, 50 ans. En 2002, cette sociologue et philanthrope issue de la haute société argentine a été tuée dans sa maison du Carmel Country Club. Il s’agit d’un barrio cerrado, un « quartier fermé » et sécurisé, comme il en existe tant en banlieue de Buenos Aires. Ces dernières décennies, de riches familles s’y sont installées pour se mettre au vert et se protéger – en théorie – de l’insécurité de la capitale.

Le soir du 27 octobre 2002, Maria Marta est retrouvée par son mari gisant la tête la première dans une baignoire pleine. La famille dit avoir cru à un accident domestique, une mauvaise glissade, et organise immédiatement une veillée funèbre – tel qu’il est encore coutume de le faire en Argentine – et un enterrement en grande pompe au cimetière de Recoleta, à Buenos Aires, où reposent traditionnellement les membres des familles patriciennes du pays.

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Face à une série d’incohérences (certificat de décès falsifié, témoignages se contredisant), la justice prend la décision – trop tardive ? – d’autopsier le corps, un mois après le décès.

La fin du premier épisode laisse le téléspectateur en haleine, incapable de ne pas enchaîner sur le deuxième : l’examen médical détermine que Maria Marta n’est pas morte d’une mauvaise chute, mais de cinq balles dans la tête. Une telle violence, qui survient dans un lieu vu comme habituellement préservé des maux de la société, choque et fascine l’opinion publique. La frénésie médiatique est lancée.

« Une classe aisée qui paraît froide, mensongère, privilégiée »

Le documentaire, au rythme haletant, trace un minutieux déroulé des événements, nous plonge dans de subtiles reconstitutions des faits (réels ou supposés), et donne la parole à un grand nombre de protagonistes de l’affaire : Carlos Carrascosa, le veuf de Maria Marta, personnage truculent qui se vante d’avoir si bien réussi sa carrière en Bourse qu’il a pu prendre sa retraite à 50 ans, dont on ne dévoilera pas le sort judiciaire ; Diego Molina Pico, le procureur tranquille qui se voit en justicier à la Zorro et cible rapidement la famille ; les élégantes amies de Maria Marta ; ses frères et sa sœur, au ton et style tout aussi bourgeois, qui clament leur innocence tout du long ; ou encore des journalistes ayant couvert l’affaire de près durant presque deux décennies.

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